L’administration américaine a récemment réaffirmé son objectif de provoquer un « changement de régime » à Cuba, selon des déclarations rapportées ces derniers jours. Cette position intervient dans un climat de dégradation des relations bilatérales rarement observé depuis la crise des missiles de 1962, alors que Washington multiplie les mesures de rétorsion et les accusations contre La Havane.
Des accusations inédites
Le 17 mai, les autorités américaines ont suggéré que Cuba se préparait à les attaquer, en s’appuyant sur une supposée livraison de centaines de drones militaires par la Russie et l’Iran. Cette allégation, qualifiée de « mensongère » par plusieurs observateurs, a été présentée comme une menace stratégique majeure. Quelques jours plus tard, le 20 mai, le secrétaire d’État Marco Rubio a diffusé une allocution vidéo dans laquelle il assure tendre la main à la population cubaine, tout en maintenant une pression maximale sur le gouvernement de l’île.
Le même jour, la justice américaine a inculpé l’ancien président cubain Raul Castro, une décision sans précédent qui marque une escalade judiciaire dans le conflit qui oppose les deux pays. Cette inculpation fait suite à un durcissement constant de la politique de Washington envers Cuba, notamment sous l’impulsion du président Donald Trump.
Un blocus renforcé
Depuis plusieurs mois, le gouvernement américain accentue l’étouffement économique de Cuba en renforçant le blocus qui isole l’île depuis 1962. Les mesures récentes visent à asphyxier davantage l’économie cubaine, déjà gravement affectée par la pénurie de produits de première nécessité et les difficultés d’approvisionnement énergétique. Dans ce contexte, le Mexique a suspendu un envoi de pétrole vers Cuba, aggravant la situation.
L’administration Trump semble déterminée à « reprendre la main sur une île qui leur échappe depuis 1959 », selon une analyse de la posture américaine. La rhétorique officielle présente désormais Cuba comme une menace directe pour la sécurité nationale des États-Unis, un discours que certains comparent à celui ayant précédé des interventions militaires américaines par le passé.
Soutiens diplomatiques limités
Face à cette pression, Cuba peut compter sur certains appuis internationaux. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a assuré que « la Chine continuera de s’exprimer en faveur de Cuba », reflétant les liens étroits entre Pékin et La Havane. Toutefois, ce soutien diplomatique reste pour l’essentiel verbal, et les déclarations d’autres alliés historiques, comme le Venezuela ou la Russie, n’ont pas été accompagnées de mesures concrètes tangibles.
Un spectre d’intervention militaire ?
Plusieurs experts estiment que le niveau actuel des tensions rappelle les pires moments de la guerre froide. Le fait que Washington parle ouvertement de « changement de régime » et accuse Cuba de préparatifs offensifs fait craindre une possible intervention militaire, voire une invasion. La situation est d’autant plus préoccupante que la crise économique et humanitaire à Cuba ne cesse de s’aggraver, poussant des milliers de Cubains à tenter de quitter l’île.
Dans ce contexte, la communauté internationale observe avec inquiétude l’escalade entre les deux pays, tandis que La Havane dénonce une « guerre économique » et une ingérence dans ses affaires intérieures.