Les États-Unis ont officiellement fait part de leur vive préoccupation ce lundi 7 juillet, au lendemain du lancement par la Chine d'un missile balistique depuis un sous-marin nucléaire dans l'océan Pacifique. Dans un communiqué, la diplomatie américaine a jugé que Pékin développait son arsenal nucléaire de manière « rapide et opaque », une dynamique qualifiée de « source de grande inquiétude pour la région et pour le monde ».
Un tir sous-marin inédit
L'essai a été mené lundi 6 juillet à 12h01 par un sous-marin chinois à propulsion nucléaire. Le projectile, lesté d'une ogive d'entraînement, a été tiré en direction du Pacifique. Selon des observateurs, sa zone d'impact se situerait à proximité des Îles Salomon, un archipel lié à la Chine par un accord de sécurité signé en 2022, dont les termes n'ont pas été rendus publics.
Réactions régionales
Le Premier ministre des Îles Salomon, Matthew Wale, a indiqué avoir adressé une « vive protestation » à la diplomatie chinoise, agissant au nom du Forum des îles du Pacifique qu'il préside. L'archipel a également remis une note de protestation officielle, a-t-il précisé à la presse. Cette réprobation est notable, car les Îles Salomon figurent parmi les alliés les plus proches de la Chine dans la région.
D'autres pays riverains du Pacifique ont également exprimé leur désapprobation, parmi lesquels l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon.
Un contexte de tensions nucléaires
Ce tir intervient dans un climat de fragilité des accords de désarmement. En février, après l'expiration du traité New Start, qui régulait les arsenaux américain et russe, les États-Unis avaient déjà exhorté la Chine à se joindre à des négociations multilatérales sur le contrôle des armements. Le New Start était le dernier traité de limitation des armes nucléaires en vigueur entre les deux principales puissances de la planète.
La Chine, de son côté, n'a pas commenté les critiques américaines. Le département d'État a appelé Pékin à « s'engager dans des discussions substantielles sur le contrôle des armes ». La Maison-Blanche n'a pas écarté, en réaction à l'escalade, un retour éventuel à des essais nucléaires américains, une option qui avait été évoquée en février dernier dans le cadre de la réflexion stratégique.
Cette nouvelle démonstration de force chinoise, conjuguée à l'opacité qui entoure ses capacités, suscite une inquiétude croissante parmi les nations du Pacifique et au-delà, alors que les mécanismes de régulation des arsenaux nucléaires se sont affaiblis.