L’affaire du meurtre de Mehdi Kessaci, abattu à Marseille au printemps 2026, s’étoffe de nouveaux protagonistes. Selon des informations concordantes issues des milieux judiciaires, quatre suspects supplémentaires ont été mis en examen et placés en détention provisoire dans le cadre de cette instruction. Ils sont notamment poursuivis pour « meurtre et tentative de meurtre en bande organisée », une qualification qui traduit la dimension criminelle organisée présumée des faits.

Ces interpellations portent à onze le nombre total de personnes mises en cause dans ce dossier. Les quatre nouveaux mis en examen rejoignent ainsi les sept déjà impliqués depuis les premières phases de l’enquête. Leur mise en examen et leur écrou ont été ordonnés par le juge d’instruction en charge du dossier, après plusieurs jours de garde à vue.

Un assassinat dans un contexte de guerre des gangs

Mehdi Kessaci, 23 ans, avait été tué par balles le 12 avril 2026 dans le 14e arrondissement de Marseille, une zone marquée par une forte activité de trafic de stupéfiants. Selon les premiers éléments de l’enquête, il aurait été victime d’un guet-apens, son véhicule pris pour cible par des tireurs circulant à bord d’une voiture. Les enquêteurs privilégient la thèse d’un règlement de comptes lié à la guerre que se livrent plusieurs clans pour le contrôle des points de deal dans les quartiers nord de la ville.

Une instruction qui se poursuit

L’enquête, confiée à la police judiciaire de Marseille, se concentre désormais sur le rôle exact de chacun des onze suspects dans la préparation et l’exécution du meurtre. Les investigations devront notamment déterminer qui a commandité l’attaque, qui a servi d’éclaireur, et qui a fait feu. Les armes utilisées – des kalachnikovs – n’ont pas encore été retrouvées, mais les analyses balistiques et les exploitations de téléphonie ont permis de progresser.

Les quatre nouvelles mises en examen ont été présentées à un juge des libertés et de la détention, qui a ordonné leur incarcération dans l’attente de leur procès. Le parquet de Marseille n’a pas souhaité communiquer sur leur identité ni leur âge, mais a confirmé que tous sont impliqués à divers titres dans l’organisation criminelle présumée.

Cette affaire illustre la violence persistante liée au trafic de stupéfiants dans la deuxième ville de France. Depuis le début de l’année 2026, une vingtaine de personnes ont perdu la vie dans des règlements de comptes à Marseille, selon un décompte officiel. Le meurtre de Mehdi Kessaci avait suscité une vive émotion, sa famille et des associations réclamant une action plus ferme des pouvoirs publics contre les réseaux criminels.

Prochaines étapes judiciaires

L’instruction devrait se poursuivre pendant plusieurs mois. Les avocats des mis en examen n’ont pas encore fait de déclaration publique. Une information judiciaire avait été ouverte dès le lendemain du drame pour assassinat, tentative d’assassinat et association de malfaiteurs en bande organisée. Les charges retenues contre les nouveaux suspects correspondent à ce cadre.

Ce développement judiciaire intervient alors que la ville de Marseille est régulièrement secouée par des fusillades. Les autorités locales multiplient les opérations de lutte contre le trafic, mais la demande de stupéfiants et les rivalités entre bandes continuent d’alimenter une spirale de violence. Le dossier Kessaci est suivi de près par la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.