Le gouvernement américain a officialisé, jeudi, l'imposition de sanctions financières et migratoires visant le président cubain Miguel Díaz-Canel. L'information a été confirmée par la publication d'une mise à jour sur le site du Trésor américain. Ces mesures élargissent un dispositif répressif déjà dense à l'encontre de La Havane.
Outre le chef de l'État, la liste des personnes frappées par ces restrictions inclut son épouse et son beau-fils. Sont également ciblés le fils et l'un des petits-fils de l'ancien président Raúl Castro, lui-même sous le coup d'un mandat d'arrêt américain émis le mois dernier pour son rôle présumé dans la destruction de deux appareils civils en 1996. Le ministère des Forces armées révolutionnaires, l'armée cubaine et les Comités de défense de la révolution (organe chargé de la surveillance politique) ont aussi été ajoutés aux registres officiels.
Un contexte de pression maximale
Ces nouvelles sanctions s'inscrivent dans une escalade amorcée depuis plusieurs mois. L'administration américaine a notamment imposé un blocus énergétique naval qui prive l'île de carburant. Selon des témoignages et des rapports officiels, Cuba ne reçoit plus de gazole pour ses générateurs depuis janvier, ce qui provoque des coupures d'électricité pouvant atteindre vingt-deux heures par jour et des pénuries d'eau potable. Les denrées alimentaires et les médicaments se font également rares, contraignant le pays à dépendre d'envois humanitaires en provenance du Mexique et de Chine.
Interrogé sur l'objectif de cette campagne, le président Donald Trump a nié toute volonté de précipiter un effondrement. « Nous voulons simplement qu'ils soient un pays bien géré », a-t-il déclaré, avant de préciser : « Ce pays est affamé, il n'a pas d'énergie, pas de pétrole, pas d'argent, rien. » À la question de savoir si l'île était proche de la rupture, il a répondu : « C'est en quelque sorte déjà effondré. » Il a ajouté que le dossier cubain serait traité une fois le conflit en Iran achevé.
Réactions indignées à La Havane
Miguel Díaz-Canel a vivement réagi sur les réseaux sociaux, accusant Washington de chercher à « renforcer le blocus et le scénario de conflit entre Cuba et les États-Unis ». Il a dénoncé « l'agressivité et la perversité du gouvernement yankee » et assuré qu'elles se heurteraient à la détermination du peuple cubain. Le ministre des Affaires étrangères Bruno Rodríguez a qualifié les sanctions de « viles » et promis une réponse unie et résolue.
L'administration américaine justifie sa politique par la menace que représenterait, selon elle, le régime communiste cubain pour la sécurité nationale. Donald Trump a par ailleurs évoqué, en allusion à une éventuelle action militaire, une « brève escale » à Cuba après la fin des opérations contre l'Iran. La Havane dénonce une ingérence systématique et une volonté d'asphyxier son économie pour provoquer un changement de régime.