Washington affiche sa détermination militaire
La diplomatie américaine durcit le ton à l'égard de l'Iran, alors que les tractations diplomatiques piétinent. Intervenant depuis le Dialogue de Shangri-La, un forum sur la défense organisé à Singapour, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a prévenu que son pays disposait des moyens nécessaires pour reprendre les frappes. « Nos stocks sont largement adaptés à cet objectif, tant sur place que dans le reste du monde, compte tenu de la manière dont nous équilibrons des munitions de haute technologie et d'autres produites en plus grande quantité », a-t-il déclaré, ajoutant que les États-Unis étaient « plus que capables » de redémarrer le conflit.
Cette mise en garde intervient alors que Donald Trump a organisé une réunion à la Maison-Blanche, longue de deux heures, pour prendre une « décision finale » sur un possible accord avec Téhéran. À l'issue de cette séance, aucune annonce concrète n'a été faite. Un responsable de l'exécutif a simplement indiqué que le président ne signerait un accord « que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites ». Parmi ces exigences, le chef de l'État a notamment réclamé que l'Iran renonce définitivement à l'arme nucléaire, que le détroit d'Ormuz soit rouvert immédiatement et que le stock d'uranium hautement enrichi de la République islamique soit « détruit ». Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a confirmé que « les échanges se poursuivent mais aucun accord final n'a encore été conclu ».
Téhéran dénonce une stratégie de pression
De son côté, l'Iran a vivement réagi aux déclarations américaines. Des responsables iraniens ont accusé Donald Trump de « mentir » sur les questions du détroit d'Ormuz et du programme nucléaire. Ils ont par ailleurs annoncé avoir intercepté un drone « hostile » survolant une île située à l'entrée du détroit d'Ormuz, zone stratégique par laquelle transite une part importante du trafic pétrolier mondial.
Dans le même temps, un missile balistique iranien a frappé une base militaire américaine au Koweït. Aucune information n'a filtré dans l'immédiat sur d'éventuelles victimes ou dégâts. Par ailleurs, un objet flottant suspecté d'être une mine a été repéré dans les eaux territoriales omanaises, accentuant les craintes sur la sécurité maritime dans la région.
Le front libanais s'embrase
Au Liban, la situation sécuritaire se dégrade. L'armée israélienne a franchi le fleuve Litani dans le sud du pays et intensifié ses frappes aériennes. Des bombardements ont visé trois localités de la région de Tyr, faisant onze morts, dont un secouriste et un ressortissant syrien, et huit blessés, selon le ministère libanais de la Santé. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des cibles militaires dans le nord d'Israël. En réponse, les forces israéliennes ont signalé des tirs de projectiles depuis le Liban, dont la plupart ont été interceptés, avec un impact recensé dans le secteur de Kiryat Shmona.
Parallèlement, pour la première fois depuis des décennies, des délégations militaires israélienne et libanaise se sont rencontrées au Pentagone. Le numéro deux du Pentagone, Elbridge Colby, a qualifié ces échanges de « constructifs », les présentant comme une base pour les discussions politiques à venir.
Un contexte d'incertitude
Malgré les déclarations martiales, les marchés financiers semblent miser sur un dénouement pacifique : Wall Street a terminé la séance en hausse et les Bourses européennes ont clôturé à l'équilibre. En France, l'économie subit déjà les conséquences du conflit avec une inflation qui a accéléré à 2,4 % en mai et un produit intérieur brut en recul de 0,1 %. La communauté internationale reste en attente d'une décision claire de Washington, alors que la fenêtre diplomatique pourrait se refermer brutalement.