YouTube a accepté de transiger avec un adolescent de Floride qui accusait la plateforme et d’autres réseaux sociaux d’avoir provoqué chez lui une dépendance aux fonctionnalités de défilement infini et de lecture automatique. L’affaire, portée par un mineur désigné sous les initiales R.K.C. dans les documents judiciaires, a été résolue à l’amiable, a confirmé le porte-parole de Google, José Castañeda, dans une déclaration écrite.
« Cette affaire a été réglée à l’amiable et notre priorité reste de créer des produits adaptés à l’âge des utilisateurs ainsi que des contrôles parentaux qui tiennent cette promesse », a indiqué M. Castañeda. Le jeune homme, âgé de 15 ans, affirmait que YouTube, Meta (propriétaire d’Instagram), TikTok et Snap Inc. avaient délibérément conçu leurs interfaces pour encourager une utilisation compulsive, entraînant anxiété, privation de sommeil et d’autres troubles.
Ce règlement est le deuxième d’une série de procès tests ordonnés par la juge Carolyn Kuhl de la Cour supérieure de Los Angeles pour traiter plus d’un millier de plaintes similaires. Le premier procès, au début de l’année, concernait une jeune femme de 20 ans, K.G.M., qui accusait Meta et YouTube d’avoir rendu leurs plateformes addictives pour les jeunes utilisateurs. Snap et TikTok avaient alors choisi de transiger avant le procès, pour un montant non divulgué. Un jury avait finalement accordé 6 millions de dollars à K.G.M., marquant la première décision de justice reconnaissant la responsabilité de Meta et YouTube dans les effets sur la santé mentale de certains utilisateurs.
Parallèlement, un autre jury, au Nouveau-Mexique, avait condamné Meta à verser 375 millions de dollars pour avoir induit les utilisateurs en erreur sur la sécurité de ses plateformes pour les enfants. Toujours dans le cadre d’une procédure fédérale réunissant des milliers de plaintes, un district scolaire du Kentucky avait également obtenu un règlement de la part de YouTube, Meta, Snap et TikTok, qui avaient préféré éviter un procès prévu en juin devant un tribunal d’Oakland. Le district réclamait à la fois une modification des fonctionnalités prétendument addictives et une compensation pour les coûts supportés par les écoles afin d’aider les élèves souffrant d’anxiété, de dépression et d’automutilation liées à l’usage des réseaux sociaux.
Le procès de R.K.C. contre Meta, TikTok et Snap doit s’ouvrir le 27 juillet prochain à Los Angeles. Les avocats du plaignant, John Morgan et Emily Jeffcott, ont déclaré que « comme les jurés l’ont vu lors du premier procès test, les dirigeants de ces sociétés de médias sociaux élaborent depuis des années des stratégies pour accrocher les enfants le plus tôt possible et maximiser leur temps d’utilisation ». Google, de son côté, assure construire YouTube de manière responsable depuis plus de dix ans, en collaboration avec les familles, et rappelle avoir lancé YouTube Kids en 2015, une version spécialement conçue pour les enfants.
Ces affaires s’inscrivent dans une vague plus large de recours contre les grandes plateformes numériques accusées de nuire à la santé mentale des mineurs. Un autre procès, porté par plusieurs États américains contre Meta, doit débuter en août dans le même tribunal fédéral d’Oakland, dans le cadre du litige multidistrict (MDL) qui regroupe des centaines de plaintes similaires. La succession de verdicts et de règlements observée ces derniers mois indique une pression judiciaire croissante sur les entreprises technologiques, les obligeant à revoir leurs pratiques de conception et de modération destinées aux jeunes utilisateurs.