Les députés de la chambre basse du Parlement zimbabwéen ont adopté, ce jeudi 18 juin, un projet de loi modifiant la Constitution afin de porter de cinq à sept ans la durée du mandat présidentiel. Ce texte, qui doit encore être examiné par le Sénat, prévoit également la possibilité pour le chef de l’État d’effectuer deux réélections supplémentaires, ce qui permettrait au président Emmerson Mnangagwa, surnommé « le Crocodile », de se maintenir au pouvoir au-delà de son mandat actuel.

Un projet controversé Cette révision constitutionnelle a suscité de vives critiques de la part de l’opposition et d’observateurs internationaux, qui y voient une manœuvre visant à consolider l’autorité de M. Mnangagwa, au pouvoir depuis 2017 après le départ forcé de Robert Mugabe. Le texte a été approuvé par une majorité des élus de la chambre basse, mais son parcours législatif n’est pas achevé : le Sénat doit encore se prononcer dans les prochains jours.

Conséquences potentielles Si cette réforme est définitivement adoptée, elle pourrait permettre à Emmerson Mnangagwa, âgé de 82 ans, de se représenter pour deux nouveaux mandats de sept ans, soit jusqu’en 2040. Le projet de loi modifie en effet les dispositions relatives aux limites de mandats, supprimant l’interdiction actuelle de briguer plus de deux mandats présidentiels. Les défenseurs du texte avancent qu’il offrira une stabilité institutionnelle au pays, tandis que ses détracteurs dénoncent un recul démocratique dans un contexte économique déjà marqué par une inflation galopante et une pénurie de devises.

Prochaine étape L’examen du texte par le Sénat est attendu dans les prochaines semaines. Si les sénateurs l’approuvent, une majorité des deux tiers sera nécessaire lors d’un vote final pour modifier la Constitution. Le gouvernement a fait savoir qu’il espère une adoption rapide, tandis que l’opposition a promis de contester la réforme devant la justice, estimant qu’elle violerait l’esprit de la Constitution de 2013 issue du dialogue national.