Une cavale de trois décennies s'achève

Le tribunal régional de Verden, en Basse-Saxe, a rendu son verdict ce 27 mai 2026 concernant une femme âgée de 54 ans, ancienne membre de la Fraction armée rouge (RAF). L'accusée, qui a vécu cachée pendant près de 30 ans après avoir rompu avec l'organisation terroriste dans les années 1980, a été condamnée à 13 ans de prison. Elle était jugée pour une série de braquages de supermarchés et de transferts de fonds commis entre 1999 et 2016 en Allemagne du Nord, dans une tentative de financer sa clandestinité.

Cinq braquages et trois tentatives

L'ex-membre de la RAF a été reconnue coupable de cinq braquages et de trois tentatives de braquage. Les faits se sont déroulés dans les Länder de Basse-Saxe, du Schleswig-Holstein, de Brême et de Hambourg. C'est en décembre 2016 qu'elle avait été arrêtée à Stuhr, près de Brême, après une tentative de braquage d'un supermarché. L'enquête avait ensuite permis de faire le lien avec quatre autres braquages commis depuis 1999, tous commis avec une arme factice mais présentée comme réelle.

Un verdict après des années de procédure

Le procès, qui s'est tenu devant la chambre des grandes affaires pénales du tribunal régional de Verden (Basse-Saxe), a duré plus de trois ans avant que le verdict ne soit prononcé. La peine requise par le parquet n'avait pas été communiquée avant le jugement. L'accusée, qui avait reconnu les faits lors de son arrestation, a vu sa peine fixée à 13 ans de réclusion criminelle par les juges.

Du militantisme à la clandestinité

L'histoire de l'accusée remonte aux années 1980, lorsqu'elle avait rejoint la RAF, organisation d'extrême gauche responsable de nombreux attentats et assassinats en Allemagne de l'Ouest dans les années 1970 et 1980. Après avoir pris ses distances avec le groupe en 1988, elle avait vécu sous une fausse identité, changeant régulièrement de domicile sans jamais se faire connaître de ses proches. Sa cavale a duré près de 30 ans avant que les enquêteurs ne parviennent à l'identifier et à l'arrêter.

Un passé trouble

Au cours de l'enquête, les autorités ont également établi que l'accusée avait, entre 1992 et 1998, déjà commis plusieurs braquages non élucidés pour lesquels elle n'a pas été poursuivie, faute de preuves suffisantes. Son arrestation en 2016 a mis fin à cette série de crimes qui avaient longtemps défié les policiers.

La fin d'une époque

Cette condamnation marque un épilogue judiciaire pour une ancienne figure de la RAF, dont les membres ont été pour la plupart arrêtés ou se sont rendus au fil des ans. La RAF avait officiellement annoncé sa dissolution en 1998, mais certains de ses anciens membres ont continué à vivre dans la clandestinité. L'accusée, qui a toujours plaidé avoir agi seule et sans aucun soutien de l'organisation dissoute, a été condamnée pour des faits de droit commun, sans lien direct avec son passé terroriste.

Les réactions

Le verdict a été accueilli avec soulagement par les autorités judiciaires, qui y voient la fin d'une longue traque. L'avocat de l'accusée n'a pas encore annoncé s'il allait faire appel de cette décision. La question du financement de la clandestinité des anciens membres de la RAF reste un sujet sensible en Allemagne, où plusieurs affaires de braquages attribués à d'anciens terroristes ont été élucidées ces dernières années.