Microsoft a décidé de mettre fin à l’utilisation de Claude Code, l’outil de codage par intelligence artificielle (IA) de son concurrent Anthropic, par ses ingénieurs. Annoncé en fin d’année dernière comme un exercice d’évaluation, le déploiement concernait des milliers d’employés des divisions Experiences & Devices, en charge de Windows, Microsoft 365, Outlook, Teams ou encore Surface. Selon des informations internes, l’accès devra être abandonné d’ici au 30 juin 2026, date de clôture de l’exercice fiscal de Microsoft. Les équipes basculeront alors vers GitHub Copilot CLI, l’outil maison.
Officiellement, la décision s’inscrit dans une volonté d’unification des outils. Rajesh Jha, vice-président de l’unité concernée, explique que Microsoft entend imposer un produit qu’elle peut façonner directement avec GitHub, adapté à ses propres dépôts, flux de travail et exigences de sécurité. Mais en coulisses, c’est surtout le modèle de facturation de l’IA agentique qui a précipité le changement.
Un coût par développeur qui peut atteindre 2 000 dollars par mois
Le problème réside dans le fonctionnement même de Claude Code. Contrairement à un abonnement logiciel classique facturé au nombre d’utilisateurs, les outils d’IA agentique sont facturés à la consommation de tokens — les unités de base que le modèle traite pour générer une réponse. Plus le modèle réfléchit, plus il consomme de tokens. Et Claude Code, en tant qu’agent, réfléchit beaucoup.
Quand un chatbot répond à une question et s’arrête, un agent de code, lui, analyse un projet entier, planifie des étapes, génère du code, vérifie ses propres erreurs, et ce parfois pendant des heures, en parallèle sur plusieurs tâches. Une simple session peut ainsi consommer autant de tokens qu’une centaine d’échanges conversationnels classiques. Dans ce contexte, les développeurs qui utilisent l’outil toute la journée peuvent générer entre 500 et 2 000 dollars de coûts mensuels chacun, un compteur qui tourne même quand personne ne regarde.
Un phénomène qui touche toute l’industrie
Cette réalité n’est pas propre à Microsoft. En avril, Uber a révélé avoir épuisé l’intégralité de son budget de codage par IA prévu pour 2026 en seulement quatre mois. Entre janvier et mars, le taux d’adoption de Claude Code était passé de 32 % à 84 % au sein d’une organisation de 5 000 ingénieurs. Aujourd’hui, environ 70 % du code produit chez la société est généré ou assisté par des IA capables d’agir de manière autonome — un chiffre qui illustre l’ampleur de l’adoption et de l’impact financier.
Microsoft n’a pas contesté les informations sur la décision concernant Claude Code, et le groupe entend désormais standardiser ses outils de codage autour de GitHub Copilot, qu’il peut contrôler et adapter sans subir la facturation des concurrents.