Une évaluation en deux temps

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a présenté mercredi 20 mai l'évaluation des risques liés à la flambée de virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC). «L'OMS a évalué le risque épidémique comme étant élevé aux niveaux national et régional et faible au niveau mondial», a-t-il déclaré devant la presse à Genève, au lendemain de la tenue d'un comité d'urgence sur cette épidémie.

Cette annonce intervient alors que l'épidémie, qui sévit dans l'est du pays, a déjà fait plus de 130 morts suspectés, selon les alertes précédentes de l'organisation. La veille, l'OMS s'était dite «profondément préoccupée par l'ampleur et la rapidité» de la propagation.

Pas d'urgence pandémique pour l'instant

La présidente du comité d'urgence, Lucille Blumberg, a précisé que la situation actuelle «ne répond pas» pour l'heure aux critères d'une urgence de santé publique de portée internationale (USPPI), ni à ceux d'une urgence pandémique. «La situation actuelle et les critères d'une urgence de santé publique de portée internationale sont réunis, et nous convenons que la situation actuelle ne répond pas aux critères d'une urgence pandémique», a-t-elle déclaré lors de la même conférence de presse à Genève, confirmant le constat communiqué par la direction de l'OMS.

Une transmission qui durerait depuis plusieurs mois

Selon Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l'OMS, l'ampleur de l'épidémie laisse penser qu'elle a commencé il y a plusieurs mois. «Vu l'ampleur du problème, nous pensons qu'il a probablement commencé il y a quelques mois, mais les enquêtes sont en cours et notre priorité est vraiment de briser la chaîne de transmission en mettant en œuvre le traçage des contacts, l'isolement et la prise en charge de tous les cas suspects et confirmés», a-t-elle expliqué.

Mobilisation en cours

L'organisation met l'accent sur la nécessité de renforcer les mesures de contrôle, notamment le suivi des contacts et la prise en charge des malades, afin d'endiguer la propagation du virus. L'évaluation du risque au niveau régional – qui inclut les pays voisins de la RDC – reste élevée, tandis que le danger de propagation intercontinentale est jugé faible. Le comité d'urgence continue de surveiller l'évolution de la situation.