Le secteur du numérique en France voit son impact environnemental s’accroître, selon la dernière enquête de l’Arcep. L’autorité de régulation a dévoilé ce 22 mai son édition 2026 du rapport « Pour un numérique soutenable », qui dresse l’empreinte écologique du secteur pour l’année 2024. Les résultats confirment une tendance déjà observée : la progression des émissions de gaz à effet de serre (GES) et de la consommation d’électricité, portée par les centres de données.

Les catégories étudiées Pour la première fois, l’enquête intègre les fabricants de fibre optique, aux côtés des opérateurs de communications électroniques, des fabricants de terminaux informatiques et des opérateurs de centres de données. Cette extension permet d’affiner la mesure de l’empreinte totale du numérique.

Les datacenters au cœur de la hausse L’Arcep constate que les émissions de GES et la consommation électrique des opérateurs de datacenters augmentent nettement. Cette progression est attribuée à la mise en service de nouvelles générations d’infrastructures plus puissantes, nécessaires pour répondre à la demande croissante en calcul et en stockage. Alors que la France cherche à attirer davantage de projets de datacenters sur son territoire, les oppositions citoyennes se multiplient, leurs détracteurs pointant les conséquences environnementales de ces installations.

Un paradoxe persistant Le rapport intervient alors que le secteur multiplie les annonces en faveur d’un numérique plus vert : optimisation énergétique, utilisation d’énergies renouvelables, écoconception des équipements. Pourtant, les indicateurs globaux restent orientés à la hausse. L’enquête ne fournit pas de chiffres détaillés dans sa version préliminaire, mais la tendance est jugée « inarrêtable » par les observateurs, du fait de la croissance exponentielle des usages numériques.

Des efforts insuffisants Malgré les engagements pris par les acteurs du secteur, la réduction de l’empreinte environnementale reste un défi. La consommation électrique des datacenters continue de progresser, et les fabricants de terminaux voient également leur bilan se dégrader avec le renouvellement accéléré des appareils. L’Arcep devrait publier dans les prochains jours une analyse plus détaillée des données 2024, qui permettra de préciser les contributions de chaque catégorie d’acteurs.