L'épidémie de fièvre hémorragique Ebola en République démocratique du Congo (RDC) continue de s'étendre. Le directeur général de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué dans la nuit du 24 mai que plus de 900 cas suspects ont été identifiés, dont 101 cas confirmés. Dans un message publié sur le réseau social X, il a précisé que les efforts de surveillance sont intensifiés dans le cadre de la réponse à l'épidémie.

Bilan en hausse

Un précédent bilan du ministère de la Santé congolais, diffusé samedi 23 mai, faisait état de 867 cas suspects et 204 décès. La progression rapide du nombre de cas suspects, passant de 867 à plus de 900 en quelques jours, illustre l'ampleur de la flambée épidémique. Selon l'OMS, l'épicentre de l'épidémie se situe dans la province de l'Ituri, où près de cinq millions de personnes vivent dans un contexte de conflit armé permanent.

Un virus sans vaccin ni traitement spécifique

La RDC a déclaré officiellement l'épidémie le 15 mai dernier. Il s'agit de la maladie à virus Ebola causée par la souche Bundibugyo, pour laquelle il n'existe actuellement ni vaccin ni traitement spécifique. Cette souche présente un taux de létalité pouvant atteindre 50 %. L'OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale et estime que le risque au niveau mondial reste faible, mais que l'épidémie pourrait durer plus de deux mois.

Dix pays voisins en alerte

Lors d'une conférence de presse tenue à Kampala, la capitale ougandaise, le directeur de l'Agence sanitaire de l'Union africaine (Africa CDC), Jean Kaseya, a averti que dix pays sont considérés comme « à risque » d'être touchés par l'épidémie. Il s'agit du Soudan du Sud, du Rwanda, du Kenya, de la Tanzanie, de l'Éthiopie, du Congo-Brazzaville, du Burundi, de l'Angola, de la République centrafricaine et de la Zambie. Ces pays frontaliers ou proches de la RDC sont en première ligne face à une possible propagation du virus.

Contexte sécuritaire défavorable

La province de l'Ituri est en proie à une violence persistante, ce qui complique considérablement la réponse sanitaire. L'OMS a souligné que dans cette région, une personne sur quatre est déplacée à cause du conflit. Cette instabilité entrave les opérations de surveillance, de dépistage et de prise en charge des malades. Les autorités sanitaires congolaises et les partenaires internationaux tentent de renforcer les capacités de réponse malgré les difficultés logistiques et sécuritaires.