Une enveloppe de 250 millions de dollars pour préparer l'économie de l'IA
L'OpenAI Foundation a annoncé, le 27 mai 2026, le lancement d'un programme de 250 millions de dollars visant à « bâtir des futurs économiques sûrs et abondants » dans le contexte de l'essor de l'intelligence artificielle. Cette initiative, détaillée par les responsables Divya Siddarth et Wojciech Zaremba, se structure autour de trois axes principaux : comprendre les mutations économiques en cours, soutenir les travailleurs et les communautés pendant la transition, et concevoir de nouveaux mécanismes de sécurité économique à long terme.
« Les systèmes économiques existent, en principe, pour donner aux individus la sécurité, l'autonomie et la capacité de construire une vie pleine de sens », rappellent les auteurs. « Trop souvent, ils échouent. L'IA va entraîner des changements économiques considérables. » Face à l'incertitude sur l'ampleur et la rapidité de ces transformations, la fondation estime qu'« il est extraordinairement important de construire des systèmes qui permettent de meilleures vies, maintenant et à l'avenir ».
Mieux mesurer l'impact de l'IA sur l'économie
Le premier volet du programme vise à améliorer la mesure et la prévision des effets économiques de l'IA. La fondation déplore que « les systèmes sur lesquels la société s'appuie pour mesurer et interpréter le changement économique ont été construits pour une époque différente ». L'objectif est de financer de nouvelles infrastructures publiques de mesure du marché du travail, à l'échelle mondiale : des capacités équivalentes à celles du Bureau of Labor Statistics (BLS) américain pour suivre l'emploi, les salaires et les transitions professionnelles, ainsi que des systèmes modernisés de classification des métiers.
Une question centrale est de savoir où aboutira la valeur créée par l'IA : « aux travailleurs via les salaires, aux entreprises via les marges, aux consommateurs via des prix plus bas, aux gouvernements via l'impôt, ou aux propriétaires de capitaux via les rentes », énumère le communiqué. La fondation souligne que si l'IA génère de la valeur sous forme de biens numériques plutôt que de hausses de salaires, « les statistiques de revenus ne le captureront pas ». Elle préconise des indicateurs mesurant « ce que les gens peuvent réellement faire et obtenir ».
L'accent sera mis sur les pays à revenus faibles et intermédiaires, où l'IA pourrait « rapidement élargir les capacités, renforcer les biens publics et contribuer à la mobilité économique ». La fondation entend financer des approches adaptées à chaque contexte régional.
Soutenir les travailleurs pendant la transition
Le deuxième axe se concentre sur l'accompagnement des personnes confrontées aux perturbations du marché du travail. Les pistes évoquées incluent un meilleur accès à l'assurance chômage, une assurance contre la perte de salaire, une aide à la reconversion professionnelle et des passerelles vers les secteurs en croissance. La fondation reconnaît que « les programmes de reconversion traditionnels ont des résultats mitigés » et qu'« un agenda de transition lié à l'IA devra probablement être plus large ».
Au-delà du simple retour à l'emploi, le programme souhaite donner aux travailleurs « une capacité d'agir sur le déploiement de l'IA » et aux citoyens « une voix réelle dans les institutions qui façonnent le changement économique ». La fondation prévoit d'investir dans la capacité des gouvernements et des institutions publiques à mettre en œuvre ces mesures, en utilisant l'IA elle-même comme un outil pour « accélérer la capacité de l'État et les services publics ».
Une attention particulière sera portée aux populations les moins bien servies par les systèmes existants, avec des outils d'IA accessibles pour les aider dans leurs décisions de carrière, leurs démarches juridiques, financières ou de santé.
Préparer la sécurité économique à long terme
Le troisième axe du programme aborde les scénarios où l'automatisation s'accélère, les gains économiques se concentrent fortement ou la part des revenus provenant des salaires diminue significativement. Dans ces cas, « la société aura probablement besoin de nouvelles approches donnant aux gens des parts durables dans les systèmes qui créent de la valeur », estiment Divya Siddarth et Wojciech Zaremba.
Parmi les pistes étudiées figurent des réformes fiscales : transfert de la fiscalité du travail vers le capital et les rentes économiques, mécanismes de taxation des gains exceptionnels, ou création de fonds souverains et de fonds de richesse publique, sur le modèle du Government Pension Fund of Norway (Fonds de pension du gouvernement norvégien) ou de l'Alaska Permanent Fund (Fonds permanent de l'Alaska). La fondation suggère que ces mécanismes pourraient être adaptatifs, avec des taux ou des règles de dividendes qui réagiraient à des indicateurs observables comme la concentration des gains ou la baisse de la part du travail.
Un appel à contributions
L'OpenAI Foundation précise que ce programme n'en est qu'à ses débuts et invite les citoyens à partager leurs observations sur l'évolution de leur travail, de leurs communautés et de leur vie économique. « Ces perspectives nous aideront à comprendre ce que la recherche formelle pourrait manquer », conclut le communiqué.