Une épidémie de hantavirus, maladie rare transmise par les rongeurs, s'est déclarée à bord du navire de croisière MV Hondius. Le bilan s'élève à trois décès, dont celui d'un couple néerlandais qui avait effectué une excursion d'observation des oiseaux sur un site d'enfouissement à Ushuaia, en Argentine, avant l'embarquement en mars dernier. Les autorités sanitaires argentines enquêtent sur cette possible exposition.
Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), deux des décès ont été confirmés comme étant liés au virus, tandis que le troisième est considéré comme « probable » à ce stade. Le navire, qui transportait 147 personnes selon l'OMS, a accosté à Tenerife le week-end dernier. Sept cas confirmés et deux cas probables ont été recensés.
Une souche particulière
Les passagers ont contracté la souche Andes du hantavirus, la seule connue pour être capable d'une transmission interhumaine limitée. Celle-ci peut évoluer vers un syndrome cardiopulmonaire à hantavirus (SCPH), dont le taux de létalité peut atteindre 40 à 50 %, selon l'OMS. Toutefois, les experts insistent sur le fait que la transmission nécessite un contact prolongé et étroit, comme cela peut se produire dans l'environnement confiné d'un navire de croisière. « Le virus Andes nécessite un contact beaucoup plus proche et soutenu entre les personnes », a expliqué Ann Rimoin, professeure d'épidémiologie à l'Université de Californie à Los Angeles. « Je comprends que les gens soient très anxieux après la pandémie de COVID-19, mais il s'agit d'un virus très différent et de circonstances différentes. »
La période d'incubation, qui peut durer de six à huit semaines, explique que les symptômes aient mis du temps à apparaître. La plupart des passagers ne présentant pas encore de signes de la maladie, ils ont été autorisés à regagner leur pays de résidence.
Mesures de confinement
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) insiste sur l'importance de retracer les déplacements des passagers avant et après l'embarquement afin d'éviter une propagation du virus. Les autorités de chaque pays concerné mettent en œuvre des procédures adaptées au statut d'infection des voyageurs et à leurs réactions nationales face à ce type d'épidémie. Les personnes ayant été en contact étroit avec un cas suspect sont invitées à porter des vêtements de protection.
L'OMS et la communauté scientifique rappellent que cette épidémie n'est pas comparable à la pandémie de COVID-19, le hantavirus étant beaucoup moins contagieux. L'accent est mis sur la surveillance des personnes potentiellement exposées et sur la prévention de nouvelles transmissions, tandis que les passagers évacués poursuivent leur retour vers leurs foyers.