Huit grandes entreprises françaises se sont regroupées au sein du consortium AION pour candidater à l'implantation d'une AI Gigafactory en France. Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un programme européen ambitieux visant à renforcer la souveraineté technologique du continent en matière d'intelligence artificielle.
Les membres du consortium Le consortium AION rassemble Ardian, Artefact, Bull, Capgemini, EDF, iliad, Orange et Scaleway. Ces acteurs couvrent un large spectre de compétences : l'investissement (Ardian), les données et l'IA (Artefact), les supercalculateurs (Bull), les services numériques (Capgemini), l'énergie (EDF), les télécommunications (iliad, Orange) et le cloud (Scaleway). Cette diversité reflète l'approche intégrée nécessaire à la création d'une infrastructure de calcul massive.
Un programme européen à 20 milliards d'euros La candidature française répond à l'appel de la Commission européenne, qui a prévu un fonds de 20 milliards d'euros destiné à la création de cinq AI Gigafactories. Ces installations sont définies comme des « installations à grande échelle dédiées au développement et à l'entraînement de modèles d'IA de nouvelle génération comportant des milliers de milliards de paramètres ». L'objectif est de doter l'Europe d'une capacité de calcul compétitive face aux investissements massifs des géants américains.
Le contexte : la course aux infrastructures IA Les dépenses des géants américains de la tech dans les infrastructures d'IA explosent depuis deux ans. À titre d'illustration, Alphabet prévoit de porter ses dépenses en capital entre 175 et 185 milliards de dollars pour l'exercice 2026. Face à cette débauche de moyens, l'Europe cherche à mutualiser ses ressources pour ne pas décrocher dans la course à l'IA.
Les AI Gigafactories, clés de la compétitivité européenne Au-delà des simples AI Factories, les AI Gigafactories représentent un saut d'échelle. Elles doivent permettre l'entraînement de modèles d'une complexité inédite, avec des centaines de milliards, voire des milliers de milliards de paramètres. Ces infrastructures seront cruciales pour les applications de recherche, la santé, la défense ou encore l'industrie. Le consortium AION entend positionner la France comme un hub européen de l'IA.
Prochaines étapes La candidature d'AION est désormais déposée. La Commission européenne examinera les projets et sélectionnera les sites retenus pour les cinq gigafactories. Une décision est attendue dans les prochains mois. Si la France est retenue, cela pourrait marquer un tournant dans l'industrie technologique européenne, en offrant aux chercheurs et aux entreprises une capacité de calcul locale de premier plan.