Un an après le drame, la mère d’un enfant de deux ans a livré un témoignage bouleversant sur les circonstances du décès de son fils. Gonzalo est mort le 27 juin 2025 lors d’un transfert entre deux établissements de santé à Séville, dans le sud de l’Espagne. Sa mère, Esther Levya, a raconté une succession de défaillances médicales qui, selon elle, auraient pu être évitées.
Un mauvais diagnostic et une prise en charge incomplète
La veille de son décès, Gonzalo avait été admis aux urgences de l’hôpital privé Santa Angela de la Cruz, à Séville. Ses parents soupçonnaient une bronchite. Une prise de sang avait été prescrite, mais elle n’a pas été réalisée. Le personnel médical a finalement demandé à la famille de rentrer chez elle. Dans la nuit, l’état de l’enfant s’est aggravé, poussant ses parents à revenir à l’hôpital. « Trois médecins l’ont examiné et n’ont rien fait. Ils auraient dû soupçonner une infection bactérienne et nous ne serions pas en train de raconter tout cela », a déploré la mère, en larmes. Gonzalo souffrait en réalité d’une infection à la bactérie Haemophilus influenzae.
Un transfert sans médecin, contrairement au protocole
L’hôpital ne disposant pas d’unité de soins intensifs pédiatriques, il a été décidé de transférer l’enfant vers un autre établissement. Mais l’ambulance est partie sans médecin à bord. « Le protocole du gouvernement régional andalou exige qu’aucun mineur ne puisse voyager en ambulance sans être accompagné d’un médecin », a souligné Esther Levya. Une demande initiale pour qu’un infirmier accompagne l’enfant et sa mère n’a pas abouti. Le trajet, qui devait durer une demi-heure, a finalement pris une heure supplémentaire. C’est durant ce transfert que le cœur de Gonzalo s’est arrêté. Aucun professionnel de santé n’était présent pour intervenir.
Une enquête classée sans suite
La Guardia civile a ouvert une enquête, mais elle a été rapidement classée sans suite, sans que les parents en soient informés. La mère a exprimé son incompréhension et sa colère : « Il est très important que l’histoire de mon fils soit connue mais nous avons maintenant peur d’emmener notre fille chez le médecin. » Elle a également regretté que l’ambulance ait mis trois heures pour un trajet alors qu’un autre hôpital se trouvait à proximité du premier établissement.
Des questions sur le système de santé andalou
Ce drame soulève des interrogations sur le respect des protocoles de transfert des mineurs en Andalousie. Les parents de Gonzalo espèrent que la médiatisation de leur histoire permettra d’éviter que d’autres familles vivent une telle tragédie.