L'Agence américaine de protection de l'environnement (EPA) a proposé jeudi d'abroger une réglementation adoptée sous l'administration Biden qui imposait aux centrales électriques au charbon de filtrer plus rigoureusement les métaux toxiques de leurs eaux usées avant de les rejeter dans les cours d'eau. Par la même occasion, l'agence a annoncé un report de deux ans des limites de pollution de l'air pour les véhicules légers et lourds.
Abrogation de la règle sur les eaux usées des centrales à charbon
La règle de 2024, la plus stricte jamais édictée aux États-Unis en matière de rejets aqueux des centrales à charbon, obligeait les exploitants à éliminer l'arsenic, le mercure et le sélénium de leurs effluents avant de les déverser dans les lacs, rivières et ruisseaux environnants. L'administrateur de l'EPA, Lee Zeldin, a justifié la proposition d'abrogation en affirmant que cette réglementation était « difficile, voire impossible à respecter pour de nombreuses centrales ». Il a estimé que son maintien entraînerait la fermeture d'unités de production, ce qui priverait les centres de données d'une électricité indispensable.
« La révolution de l'intelligence artificielle et des centres de données crée une demande d'électricité et de charge de base qui ne peut être satisfaite dans le cadre des politiques trop restrictives des administrations précédentes », a déclaré M. Zeldin dans un communiqué. « L'EPA de Trump continuera à faire sa part pour lever ces réglementations pesantes qui brident le secteur des centrales au charbon et freinent les communautés américaines. »
Report des normes de pollution de l'air pour l'automobile
Parallèlement, l'EPA a indiqué qu'elle repoussait de deux ans la mise en œuvre des limites de pollution de l'air imposées aux voitures et camions sous l'ère Biden. Initialement prévues pour l'année modèle 2027, ces normes s'appliqueraient désormais à partir de l'année modèle 2029. Elles concernent les oxydes d'azote, qui contribuent à la formation du smog, et les particules fines, responsables de maladies cardiaques et pulmonaires.
Pour justifier ce délai, l'agence a invoqué le ralentissement de la transition vers les véhicules électriques aux États-Unis. Ce ralentissement est accentué par les propres politiques du président Trump, qui favorisent les voitures à essence – notamment son précédent recul des normes d'efficacité énergétique.
Contexte et implications
Ces deux décisions s'inscrivent dans une série d'actions de l'administration Trump visant à réduire les contraintes réglementaires sur les industries fossiles et automobile. La proposition d'abrogation concernant les eaux usées des centrales à charbon pourrait entraîner le rejet de centaines de millions de gallons d'eau contaminée par des métaux toxiques dans les écosystèmes aquatiques, selon les défenseurs de l'environnement. Aucune estimation précise des volumes concernés n'a été fournie par l'EPA dans son annonce.
Le report des normes automobiles, quant à lui, retarde l'entrée en vigueur de mesures conçues pour réduire la pollution atmosphérique liée au transport routier, premier secteur émetteur d'oxydes d'azote aux États-Unis. Les associations de santé publique ont exprimé leur inquiétude face à ce nouveau délai, soulignant les conséquences sanitaires des particules fines et du smog.
Les deux textes doivent encore passer par une phase de consultation publique avant d'être définitivement adoptés ou modifiés. L'EPA n'a pas précisé le calendrier de ces consultations.