L'administration Trump a annoncé un changement majeur dans les règles d'obtention de la Green Card, le précieux statut de résident permanent aux États-Unis. À compter de cette décision, les étrangers présents légalement sur le sol américain – titulaires de visas temporaires, étudiants, travailleurs qualifiés ou conjoints de citoyens – ne pourront plus effectuer la procédure d'« ajustement de statut » qui leur permettait de demander la résidence sans quitter le pays. Ils devront désormais retourner dans leur pays d'origine et passer par les consulats américains, sauf en cas de « circonstances extraordinaires », selon les termes employés par les autorités.

Cette directive, émise par l'USCIS, l'agence fédérale chargée de l'immigration, marque une rupture avec une pratique établie depuis plusieurs décennies. Chaque année, des centaines de milliers de personnes utilisaient cette voie pour régulariser leur situation. Un porte-parole de l'USCIS a justifié cette décision en affirmant vouloir revenir à « l'esprit originel de la loi migratoire », précisant que les visas temporaires « ne doivent pas devenir une porte d'entrée automatique vers la résidence permanente ».

Les conséquences potentielles de cette réforme sont considérables. Selon des estimations du Cato Institute, plus d'un million de dossiers seraient actuellement en attente de traitement. Des familles pourraient être séparées pendant plusieurs mois, voire des années, le temps que les demandes soient examinées par les consulats. Les critiques, notamment parmi les élus démocrates, estiment que cette mesure risque d'affaiblir l'économie américaine, en particulier dans les secteurs de la technologie, de la santé et de la recherche scientifique, qui dépendent fortement de travailleurs étrangers qualifiés.

Des associations de défense des migrants s'inquiètent également du sort des demandeurs contraints de retourner dans des pays instables ou dangereux en attendant une réponse des autorités américaines. Cette annonce s'inscrit dans une série de mesures restrictives prises par l'administration Trump depuis son retour à la Maison-Blanche, parmi lesquelles le renforcement des contrôles de visas, la limitation de certaines procédures de regroupement familial et l'accroissement des vérifications administratives pour les candidats à la résidence permanente.