L'Ouganda a fermé sa frontière avec la République démocratique du Congo (RDC) mercredi 27 mai, invoquant des craintes croissantes concernant une possible propagation du virus Ebola, a annoncé le ministère ougandais de la Santé.
Fermeture temporaire et exceptions
La frontière sera fermée de manière temporaire, a précisé la docteure Diana Atwine, haute responsable du ministère de la Santé ougandais, lors d'une conférence de presse tenue à Kampala. Seules certaines catégories de personnes sont exemptées : les équipes autorisées de lutte contre Ebola, les opérations humanitaires, le transport de nourriture et de marchandises, ainsi que les personnels de sécurité. Tous ces entrants devront toutefois se soumettre à un « dépistage sanitaire strict » et à des protocoles de surveillance.
L'épidémie au cœur de la région des Grands Lacs
L'épidémie est centrée dans la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC, qui borde la frontière occidentale de l'Ouganda. Sept cas confirmés d'Ebola ont déjà été enregistrés à Kampala, la capitale ougandaise. L'un des patients, qui s'était rendu dans un hôpital de Kampala pour y recevoir des soins, est décédé au début de l'épidémie.
Selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 1 000 cas et plus de 200 décès ont été recensés dans le cadre de cette épidémie, dont la grande majorité en RDC. L'OMS a déclaré le 17 mai que l'épidémie constituait une urgence de santé publique de portée internationale.
Contexte et réactions
L'épidémie actuelle est la troisième plus importante jamais enregistrée. Des experts en santé publique ont souligné que les coupes budgétaires décidées par l'administration Trump dans les réseaux de surveillance des maladies, ainsi que la fermeture de l'Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), ont entravé la réponse à l'épidémie.
Les autorités ougandaises espèrent que cette fermeture de la frontière, conjuguée aux mesures de dépistage, permettra de limiter la propagation du virus sur son territoire.