L’Université de Manchester a annoncé son intention d’offrir un stage ou une expérience professionnelle à l’ensemble de ses étudiants de premier cycle, une première pour une grande institution du Russell Group. L’objectif est de mieux préparer les diplômés aux exigences du marché du travail, dans un contexte où les jeunes peinent de plus en plus à trouver un emploi correspondant à leur niveau d’études.

Le vice-chancelier de l’université, Duncan Ivison, a déclaré qu’aucun étudiant ne devrait obtenir son diplôme après trois années uniquement consacrées à l’étude académique. Selon lui, chaque étudiant doit avoir la possibilité de mettre ses apprentissages en contexte, que ce soit par un stage, un placement en entreprise, un projet conjoint ou un échange. Il a précisé que cette règle s’applique à toutes les disciplines, de l’histoire au génie chimique.

Cette annonce intervient alors que les diplômés rencontrent des difficultés croissantes sur le marché du travail. Nombre d’entre eux accumulent des dettes pouvant dépasser 50 000 livres sterling et, lorsqu’ils trouvent un emploi, celui-ci est souvent peu rémunéré et sans lien avec leur formation, dans les secteurs de l’hôtellerie ou de la vente au détail plutôt que dans des postes traditionnellement réservés aux diplômés.

Nick Hillman, directeur du Higher Education Policy Institute, a salué cette initiative tout en émettant des réserves. Il a souligné que si le principe est louable, sa mise en œuvre à grande échelle pourrait se heurter à des difficultés logistiques et financières. Il a également rappelé que d’autres universités pourraient être tentées de suivre cet exemple, mais que toutes ne disposent pas des mêmes ressources que Manchester.

L’Université de Manchester n’a pas encore détaillé le calendrier précis de déploiement ni les modalités concrètes de ce programme. Toutefois, cette décision marque une évolution notable dans la stratégie des grandes universités britanniques pour répondre aux attentes des étudiants et des employeurs.