La Corée du Nord a affirmé mercredi 26 mai avoir testé la veille un nouveau système lance-missile polyvalent léger, ainsi qu’un dispositif multiple de missiles de croisière tactique. Selon l’agence officielle KCNA, ces essais ont été supervisés en personne par le dirigeant Kim Jong-un.

L’armée sud-coréenne avait détecté mardi, vers 13 heures locales (4 heures GMT), les tirs de « plusieurs projectiles » en mer Jaune, lancés depuis la ville nord-coréenne de Chongju. Parmi eux figurait un missile balistique de courte portée. Les projectiles ont parcouru environ 80 kilomètres, selon les autorités militaires de Séoul.

Un huitième tir en 2026

Ce test intervient après une accalmie de 37 jours sans lancement de missile par Pyongyang. Il s’agit du huitième tir de l’année. KCNA a précisé que l’essai avait permis d’« analyser et estimer la puissance d’une ogive à mission spéciale d’un missile balistique tactique, la fiabilité d’un obus d’artillerie guidé de 240 mm à portée de tir étendue, équipé d’un système de navigation autonome ultraprécis ».

Kim Jong-un a félicité les équipes, déclarant que ces « systèmes d’armement majeurs sont un signe clair de l’amélioration de notre force militaire et une démonstration d’un grand progrès technique ». Il a ajouté qu’il était « essentiel, pour les opérations de notre armée, d’avoir une telle puissance destructrice, suffisante pour rendre toute force adverse incapable de survivre en théorie, sauf par un coup de chance ».

Rumeurs de visite chinoise

Ces essais surviennent alors que des informations non confirmées évoquent une possible visite du président chinois Xi Jinping en Corée du Nord cette semaine. L’agence sud-coréenne Yonhap a relayé ces rumeurs en citant des sources gouvernementales non précisées. Aucune confirmation officielle n’a été donnée, ni par Pékin ni par Pyongyang.

La Chine reste le principal allié économique et politique de la Corée du Nord, même si celle-ci s’est fortement rapprochée de la Russie ces dernières années. Les analystes estiment que, dans un contexte de conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, Pyongyang cherche à profiter de l’affaiblissement perçu des normes internationales pour consolider son statut de puissance nucléaire.

Contexte militaire tendu

Ces tirs s’inscrivent dans une série d’essais récents menés par la Corée du Nord, qui a également renforcé son dispositif militaire frontalier face à la Corée du Sud, qualifiée d’« ennemi juré ». Plus tôt en mai, Kim Jong-un avait ordonné de durcir la première ligne de défense. Par ailleurs, le dirigeant nord-coréen a réaffirmé son soutien à la « guerre sacrée » de la Russie en Ukraine lors d’une rencontre avec le président de la Douma russe en avril.

Les experts voient dans cette nouvelle démonstration de force une volonté de moderniser l’arsenal nord-coréen tout en envoyant un signal à ses voisins et à la communauté internationale, quelques mois après l’élection présidentielle américaine.