L’espoir renaît timidement pour la famille de Lisa Wiese, une femme disparue depuis sept ans. Le père de ses deux enfants, AbdelRahman Hashem, a déclaré avoir ressenti un « glimmer of hope » (lueur d’espoir) en voyant les images d’un convoi policier pénétrer dans le quartier général d’une secte religieuse en Angleterre. Il espère que cette perquisition permettra enfin d’élucider le mystère entourant la disparition de la mère de ses enfants.
Lisa Wiese avait 30 ans lorsqu’elle s’est volatilisée lors d’un voyage au Kerala, en Inde, en mars 2019. Son dernier message était un courriel envoyé depuis un hôtel bon marché indien, dans lequel elle écrivait à ses enfants : « Maman les aime et ils lui manquent tellement, tellement… Ils sont tous les deux mes meilleurs amis et mes personnes préférées dans le monde entier. » Deux jours plus tard, elle disparaissait sans laisser de trace.
Une secte basée dans un orphelinat désaffecté
Lisa Wiese était membre de l’Ahmadi Religion of Peace and Light (AROPL), une secte islamique installée dans un ancien orphelinat à Crewe, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Le groupe, dirigé par des figures charismatiques, a souvent été critiqué pour son fonctionnement secret et ses pratiques jugées sectaires.
En avril dernier, une opération d’envergure a été menée par les autorités britanniques. Cinq cents policiers ont investi le siège de l’AROPL. Douze personnes ont été arrêtées, soupçonnées d’infractions graves incluant l’esclavage moderne, la traite des êtres humains, le mariage forcé et le viol. Toutes ont ensuite été libérées sous caution en attendant la suite de l’enquête.
Des questions sans réponses depuis sept ans
Pour la famille de Lisa Wiese, cette perquisition constitue une avancée majeure. Depuis sa disparition, les proches n’avaient obtenu que peu d’informations des autorités indiennes et britanniques. Le père des enfants, qui s’occupe seul de leur éducation, espère que les investigations en cours permettront de localiser la jeune femme ou de comprendre les circonstances de sa disparition.
Les enquêteurs n’ont pas encore établi de lien formel entre les activités de la secte et la disparition de Lisa Wiese. Cependant, le fait que celle-ci ait été une membre active de l’AROPL et qu’elle ait disparu lors d’un déplacement à l’étranger alimente les soupçons. La perquisition a permis de saisir des documents et des supports numériques qui sont en cours d’analyse.
Une affaire qui dépasse les frontières
Cette affaire soulève des questions sur la capacité des sectes à opérer à l’échelle internationale. L’AROPL, bien que basée au Royaume-Uni, comptait des membres et des activités dans plusieurs pays, dont l’Inde. La coopération entre les polices britannique et indienne est jugée essentielle pour faire la lumière sur le sort de Lisa Wiese.
Les proches espèrent que les récents développements permettront de clore sept années d’incertitude. « Nous voulons juste savoir ce qui est arrivé à Lisa », a confié un membre de la famille, qui préfère garder l’anonymat. « Nous avons besoin de réponses pour nos enfants. »
L’enquête se poursuit et les autorités n’excluent aucune piste. La perquisition du quartier général de l’AROPL marque un tournant dans cette affaire qui, jusqu’alors, piétinait.