L'agence spatiale américaine (NASA) a dévoilé, mardi 26 mai 2026, une feuille de route ambitieuse pour la construction d'une base permanente sur la Lune. Le programme, qui pourrait mobiliser jusqu'à 25 missions d'ici 2029 – dont 21 alunissages – vise à acheminer environ quatre tonnes de fret à la surface, ainsi que les premiers systèmes de transport pour les astronautes, selon un communiqué officiel. L'administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a présenté cette initiative comme une étape clé vers l'établissement d'une « présence américaine permanente » et le développement d'une « économie lunaire » financée par le secteur privé plutôt que par des fonds publics.

Quatre entreprises sélectionnées pour le matériel lunaire

L'agence a attribué des contrats à quatre sociétés pour la construction et la livraison des équipements nécessaires au programme Moon Base. Blue Origin, Astrolab, Lunar Outpost et Firefly Aerospace ont été retenues. Ces contrats couvrent des missions d'atterrisseur cargo, deux véhicules de terrain lunaires ainsi qu'un vaisseau porte-drones pour un ensemble de robots volants MoonFall, actuellement en développement au Jet Propulsion Laboratory de la NASA.

Blue Origin a décroché un ordre de mission de 188 millions de dollars, assorti d'une période d'option de 280,4 millions de dollars. La société fondée par Jeff Bezos sera chargée de livrer les véhicules de terrain de la NASA dans la région du pôle Sud lunaire, à l'aide de son atterrisseur inhabité Mark 1. Ce même type d'atterrisseur effectuera la première mission de la série, baptisée Moon Base I, qui transportera du matériel scientifique.

Un assemblage « à la manière d'IKEA »

L'approche logistique retenue évoque le fabricant de meubles suédois : des matériaux – plastique, métal, verre – seront déposés sur le sol lunaire, et les astronautes (ou des robots) devront les assembler sur place. Ce concept, qualifié de « self-assemble » par les observateurs, vise à réduire les contraintes de lancement en optimisant le volume et la masse transportés depuis la Terre. Les colis contiendront les éléments nécessaires à la construction des infrastructures de base du futur avant-poste.

Vers un retour d'astronautes sur la Lune

Dans un délai de trois ans, la NASA espère reprendre les alunissages habités, une première depuis les missions Apollo. Contrairement aux précédents explorateurs, dont les séjours étaient brefs, les futurs membres du programme Artemis devraient consacrer une partie de leur temps à l'assemblage des fondations d'un avant-poste permanent. L'objectif est de bâtir une infrastructure capable de soutenir des séjours prolongés et de servir de tremplin pour des missions plus lointaines, notamment vers Mars.

Jared Isaacman a reconnu que la création d'une économie lunaire ne pouvait être imposée artificiellement. « Nous ne pouvons pas forcer une économie lunaire à exister. Je soupçonne que dans les années et décennies à venir, alors que nous construirons et exploiterons ce qui sera, espérons-le, de multiples avant-postes lunaires, nous découvrirons quelque chose en chemin », a-t-il déclaré, ajoutant que le programme constituait « un pas dans la bonne direction ».

Pas de calendrier ferme pour le premier assemblage

Les sources disponibles ne précisent pas la date exacte à laquelle les premiers éléments de la base pourront être assemblés, ni la composition détaillée des cargaisons. L'agence a simplement indiqué que la fenêtre 2027-2029 serait mise à profit pour accumuler les missions et les matériaux nécessaires. Une démonstration en orbite terrestre de la mission Artemis III est par ailleurs envisagée pour « fin 2027 », selon des informations déjà diffusées.

Un programme contesté ?

Si la NASA présente ce plan comme une avancée majeure, aucune source ne fait état de critiques ou d'oppositions internes ou externes. Le projet s'inscrit dans la continuité des objectifs fixés par l'administration américaine pour le retour sur la Lune. Les aspects budgétaires et les éventuels dépassements de coûts ne sont pas abordés dans les documents publiés.

L'ensemble du programme Moon Base, avec ses multiples missions et son appel à l'initiative privée, marque un tournant stratégique par rapport aux approches traditionnelles de l'exploration spatiale, où l'État finançait et opérait seul les infrastructures.