La Renault Twingo E-Tech, voiture électrique la moins chère du marché après déduction du bonus écologique, rencontre des difficultés lors de longs trajets sur autoroute, selon des essais approfondis. La batterie surchauffe, ce qui oblige le système de gestion électronique à réduire fortement la puissance de charge, et des pannes de la batterie d’accessoires (12 volts) peuvent immobiliser le véhicule.
Surchauffe de la batterie et charge fortement ralentie
Lors d’un trajet Paris-Marseille interrompu à Lyon, un journaliste a pu mesurer les performances de recharge de la Twingo. La première charge a tenu les promesses de Renault : passage de 10 à 80 % en 29 minutes (contre 30 minutes annoncées pour un cycle 15-80 %). Mais après une deuxième étape sur autoroute à 130 km/h, la température de la batterie a atteint 42 °C. Le système a alors bridé la puissance de recharge : 24 kW à 40 % de charge, puis seulement 14 kW à partir de 55 %. Résultat : le cycle 10-80 % a duré 55 minutes, soit presque le double du temps normal.
Ce phénomène, déjà observé sur d’autres modèles électriques, s’explique par un refroidissement insuffisant. Pour limiter les coûts et le poids, Renault a renoncé à un système de refroidissement liquide. « Il n’y a pas de gras dans cette voiture. Tout est dimensionné au plus juste pour réduire la consommation. La Twingo est une marathonienne, pas une ultra-traileuse », avait déclaré François Bertrand, ingénieur synthèse client du modèle, lors des essais internationaux. La batterie, d’une capacité de 27,5 kWh, n’offre qu’environ 140 km d’autonomie réelle sur autoroute, ce qui cantonne de fait la voiture à un usage urbain et périurbain.
Pannes de la batterie d’accessoires
Au-delà des limitations de recharge, un problème plus surprenant est apparu. Après un passage dans une station de lavage, le même journaliste a vu s’afficher les messages « panne électrique » et « charge batterie impossible ». Verrouiller la voiture et la laisser en veille n’a rien résolu. Les ingénieurs de Renault ont conseillé de débrancher puis rebrancher la batterie 12 volts d’accessoires pour réinitialiser le système. Or, cette batterie se trouve sous le capot avant, dont l’ouverture manuelle a été supprimée (ni serrure, ni tirette, ni vérin) pour des raisons de coût. Il a donc fallu démonter la calandre pour accéder à la batterie.
Un positionnement assumé… mais des limites pour les longs trajets
Renault revendique le caractère urbain de la Twingo E-Tech. La version d’entrée de gamme ne dispose même pas du connecteur CCS nécessaire aux charges rapides. Les versions supérieures permettent la recharge rapide, mais la combinaison d’une petite batterie et d’un refroidissement par air rend les longs parcours sur autoroute très contraignants, surtout par température élevée. Par temps frais (moins de 10 °C), le problème de surchauffe ne s’est pas produit lors d’autres essais. De même, en roulant à 110 km/h au lieu de 130, la gestion thermique reste sous contrôle.
La Twingo n’est pas seule dans ce cas : sa concurrente directe, la BYD Dolphin Surf, présente des performances encore inférieures, avec une charge très allongée après seulement une centaine de kilomètres sur autoroute, malgré une batterie plus grosse (43,2 kWh). Renault assume cette conception minimaliste, destinée à offrir un prix bas et une consommation réduite. « La Twingo n’est pas faite pour les longs trajets », insiste le constructeur. Un positionnement qui tranche avec celui de l’ancienne Twingo thermique, souvent utilisée pour traverser la France.
Des défauts de jeunesse à corriger ?
Si le « rapidgate » (ralentissement important de la charge après un usage intense) était prévisible, les pannes répétitives de la batterie d’accessoires constituent un problème de fiabilité plus préoccupant pour les premiers clients. Le démontage nécessaire de la calandre pour réinitialiser le système semble peu pratique en situation d’urgence. Renault n’a pas encore communiqué sur d’éventuelles mises à jour ou correctifs, mais ces retours d’usage pourraient conduire à des ajustements sur les exemplaires suivants.