Un sauvetage in extremis
Un buffle albinos âgé d’environ un an, devenu célèbre au Bangladesh pour sa ressemblance avec le président américain Donald Trump, a été épargné de justesse. L’animal, qui devait être sacrifié lors de la fête de l’Aïd al-Adha, a été placé sous la protection des autorités et transféré dans un zoo du pays, ont indiqué des responsables locaux.
Le jeune taureau, dont le pelage blanc et la touffe de poils blonds sur le front évoquent la silhouette et la coiffure du milliardaire républicain, avait attiré l’attention sur les réseaux sociaux. Des internautes et des associations de défense des animaux avaient lancé une pétition pour demander sa grâce, craignant qu’il ne soit abattu lors de la fête du sacrifice, qui commémore le geste d’Abraham et durant laquelle des millions de ruminants sont égorgés chaque année dans le monde musulman.
Une intervention gouvernementale
Face à l’ampleur de la mobilisation, le gouvernement bangladais a finalement ordonné l’annulation de sa mise à mort, selon des communiqués officiels. «Nous avons décidé de maintenir en vie le buffle, en raison de sa notoriété», a déclaré un responsable du ministère de l’Agriculture. Il a précisé que l’animal serait désormais hébergé dans un zoo de la capitale, Dacca, où il pourra être visité par le public.
Le buffle, que les médias locaux ont surnommé «Donald Trump», avait été acheté par un éleveur pour être revendu à un prix élevé en raison de sa rareté. L’albinisme est une mutation génétique rare chez les bovins, ce qui rendait l’animal particulièrement atypique. La ressemblance avec le président américain a été jugée suffisamment frappante pour que l’histoire devienne virale, alimentant un débat sur le traitement des animaux lors des fêtes religieuses.
Une fête sous tension
L’Aïd al-Adha, qui a débuté cette année le 7 juin, est l’une des fêtes les plus importantes de l’islam. Elle implique le sacrifice d’un animal – mouton, chèvre, vache ou buffle – dont la viande est ensuite partagée entre la famille, les proches et les plus démunis. Au Bangladesh, pays majoritairement musulman de près de 170 millions d’habitants, des millions d’animaux sont abattus chaque année à cette occasion.
La décision d’épargner ce buffle particulier intervient dans un contexte de sensibilité croissante sur le bien-être animal dans le pays. Plusieurs associations avaient interpellé le gouvernement ces dernières semaines pour dénoncer des conditions d’abattage jugées cruelles. Le cas du buffle albinos a cristallisé ces préoccupations, d’autant que l’animal était devenu une vedette locale.
Une protection officielle
Selon les informations recueillies, l’animal a été confisqué à son propriétaire et placé sous la garde des services vétérinaires du zoo de Dacca, qui assurent son alimentation et ses soins. Les autorités ont indiqué qu’il serait présenté au public dans les prochains jours, une fois acclimaté à son nouvel environnement. Des tests génétiques pourraient être menés pour confirmer la nature exacte de sa mutation, bien que son pelage blanc et ses yeux clairs soient des signes évidents d’albinisme.
Portée symbolique et médiatique
Si la ressemblance avec Donald Trump a été le moteur de la viralité de l’histoire, celle-ci dépasse le simple fait divers. Elle illustre la manière dont les réseaux sociaux peuvent influencer les décisions administratives au Bangladesh, un pays où la liberté d’expression en ligne fait l’objet de restrictions croissantes. Le cas du buffle a également été relayé par des médias internationaux, suscitant des réactions amusées mais aussi des interrogations sur les priorités gouvernementales dans un pays confronté à des défis économiques et climatiques majeurs.
Pour l’heure, le buffle «Donald Trump» coule des jours paisibles dans sa nouvelle résidence, loin des couteaux du sacrifice. Son histoire, à la fois insolite et révélatrice, continue de faire sourire et de susciter le débat.