Le Vatican a publié ce lundi 25 mai l’encyclique « Magnifica Humanitas » (« Magnifique humanité ») du pape Léon XIV. Ce texte solennel, le premier du pontificat, est consacré à la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle. Il dépasse 254 000 signes en version française et comprend 224 notes, témoignant de l’ampleur de la réflexion.
Une mise en garde contre le pouvoir des géants de la tech
Sans condamner l’intelligence artificielle dans son principe, le pape Léon XIV souligne les différences fondamentales entre l’humain et la machine. Il met en garde contre le risque de voir émerger une nouvelle « tour de Babel où l’œuvre commune est guidée par un projet de domination qui finit par déshumaniser ». Cette formule illustre sa préoccupation devant la concentration du pouvoir entre les mains de quelques grandes entreprises technologiques, qu’il appelle à réguler.
Le souverain pontife insiste sur la nécessité de préserver la dignité humaine face à des systèmes opaques et potentiellement aliénants. Il plaide pour des garde-fous éthiques et juridiques à l’échelle internationale, sans toutefois entrer dans des prescriptions techniques précises.
Un pape technophile mais vigilant
Réputé pour son ouverture aux nouvelles technologies – il a été vu portant une Apple Watch lors de sa première messe officielle – le pape Léon XIV ne rejette pas le progrès. Mais il appelle à une vigilance accrue sur les finalités de l’IA. L’encyclique a été présentée en présence de Chris Olah, cofondateur de la société Anthropic, spécialisée dans la sécurité des systèmes d’intelligence artificielle. Ce choix souligne la volonté du Vatican de dialoguer avec les acteurs de la tech tout en maintenant une exigence éthique.
Un texte qui s’inscrit dans les débats contemporains
« Magnifica Humanitas » intervient dans un contexte de multiplication des appels à réguler l’IA, tant de la part d’organisations internationales que de gouvernements. Le pape Léon XIV y apporte la voix de l’Église catholique, rappelant que l’homme ne doit pas être asservi à ses créations. Le document devrait alimenter les discussions lors des prochains forums sur la gouvernance de l’intelligence artificielle.