L'Assemblée nationale hongroise a adopté une loi maintenant le pays au sein de la Cour pénale internationale (CPI), annulant ainsi la procédure de retrait initiée en avril 2025 par l'ancien Premier ministre Viktor Orbán. Le vote est intervenu quelques jours seulement avant que la Hongrie ne devienne le seul État membre de l'Union européenne à ne pas reconnaître la compétence de cette juridiction internationale chargée de juger les auteurs présumés de crimes de guerre, de génocide et de crimes contre l'humanité.
Ce revirement fait suite à la victoire écrasante de Péter Magyar aux élections législatives du mois précédent. Le nouveau chef du gouvernement avait promis à plusieurs reprises, lors de sa campagne, d'annuler la décision de son prédécesseur avant qu'elle ne prenne effet.
Le retrait de la CPI avait été annoncé en avril 2025 par Viktor Orbán, alors qu'il accueillait à Budapest le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, visé par un mandat d'arrêt de la CPI. M. Orbán avait qualifié la Cour de « tribunal politique ». Péter Magyar avait déclaré que la Hongrie ne rejoindrait pas les pays — comme la Chine, les États-Unis, la Russie ou Israël — qui refusent de reconnaître la CPI.
La décision du Parlement hongrois a été saluée par les défenseurs de l'État de droit et par les partenaires européens. Le maintien dans la CPI est perçu comme un signal fort de retour aux normes juridiques internationales de la part de la nouvelle majorité. Le vote a été acquis par une large majorité des députés présents, conformément aux engagements pris par Péter Magyar durant la campagne électorale.
Ce vote met fin à un processus qui aurait fait de la Hongrie un État hors du droit international pénal commun. La CPI est compétente pour les crimes les plus graves qui touchent l'ensemble de la communauté internationale. Le retrait aurait entraîné l'absence de coopération judiciaire hongroise avec la Cour, ce que la nouvelle majorité a souhaité éviter.
Contexte de la décision
La procédure de retrait avait été engagée par Viktor Orbán en 2025, après que la CPI a émis un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahu. Accueillant ce dernier à Budapest, M. Orbán avait dénoncé ce qu'il considérait comme une politisation de la justice internationale. La Hongrie, sous sa direction, s'était ainsi rapprochée de positions partagées par les États-Unis, la Russie, la Chine ou encore Israël, qui ne sont pas parties au Statut de Rome.
Le changement politique en Hongrie
L'élection de Péter Magyar, le mois dernier, a marqué une rupture nette avec treize années de pouvoir ininterrompu de Viktor Orbán. Le nouveau Premier ministre s'est engagé à restaurer l'État de droit et les relations avec les institutions européennes et internationales, dont la CPI constitue un élément central. Cette décision parlementaire est l'un des premiers actes législatifs majeurs de son mandat, illustrant sa détermination à inverser les orientations diplomatiques de son prédécesseur.
La CPI et la Hongrie
La Cour pénale internationale, basée à La Haye, est compétente depuis 2002 pour juger les individus accusés de crimes de guerre, de génocide et de crimes contre l'humanité. La Hongrie est membre du Statut de Rome depuis 2001. Le maintien dans cette institution permet à la Hongrie de continuer à coopérer avec les autres États parties, notamment pour l'exécution de mandats d'arrêt et la fourniture d'entraide judiciaire.