Une alerte aux drones sans précédent a secoué la Lituanie ce mercredi 20 mai. Peu avant 10 h 20, un signal radar présentant les caractéristiques d’un aéronef sans pilote a été détecté près de la frontière avec le Bélarus, poussant les autorités à déclencher une procédure de sécurité civile immédiate. Le président Gitanas Nausėda et la Première ministre Inga ont été conduits dans des abris souterrains, tout comme les députés siégeant au Parlement (Seimas) et de nombreux habitants de la capitale Vilnius.
Mesures de sécurité et réaction des autorités
L’alerte a été diffusée sur les téléphones portables de la population avec le message suivant : « Alerte aérienne ! Rendez-vous immédiatement dans un abri ou un endroit sûr, prenez soin des membres de votre famille et attendez de nouvelles recommandations. » Parallèlement, les vols à l’aéroport international de Vilnius ont été suspendus et les trains ont été immobilisés dans les gares, le temps que la situation soit évaluée.
L’armée lituanienne a activé la mission de police du ciel de l’OTAN, des F-16 roumains étant stationnés dans le pays, les mêmes appareils qui avaient abattu un drone ukrainien errant dans le ciel estonien la veille. L’alerte a été levée vers 11 heures, et les autorités ont invité les personnes confinées à quitter les abris.
Contexte régional et précédents
Depuis plusieurs mois, les alertes de ce type se multiplient dans les États baltes en raison de l’intensification des frappes ukrainiennes sur des cibles stratégiques russes dans la région de Saint-Pétersbourg, proche de l’Estonie et de la Finlande. L’année précédente, les dirigeants lituaniens avaient déjà été évacués après une alerte au drone, mais la population n’avait pas été concernée.
Cet incident marque la première fois depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie en 2022 qu’une alerte aérienne provoque l’évacuation et la mise en sécurité des dirigeants nationaux, des parlementaires et des habitants dans la capitale d’un pays membre de l’Union européenne et de l’OTAN. La Lituanie, frontalière du Bélarus allié de Moscou, est en première ligne des tensions régionales.
Réactions et implications
Si les causes exactes de l’alerte restent à déterminer, l’armée a précisé qu’elle était liée à un « signal radar présentant des caractéristiques typiques d’un aéronef sans pilote ». L’activation de la police du ciel de l’OTAN témoigne de la réactivité des dispositifs de défense collectifs déployés dans la région. Aucun incident ou dommage n’a été signalé après la levée de l’alerte.
Cet événement illustre la vulnérabilité persistante des États baltes face aux incursions aériennes, qu’elles soient accidentelles ou délibérées, et relance les débats sur le renforcement des systèmes de surveillance et de protection civile dans la région.