Les États-Unis ont intensifié leurs frappes contre l’Iran après avoir observé une série de menaces imminentes, selon deux responsables américains. Des chasseurs-bombardiers américains ont coulé deux vedettes des Gardiens de la révolution islamique qui tentaient de poser des mines dans le détroit d’Ormuz, une voie maritime stratégique bloquée par Téhéran et qui transportait avant la guerre environ un cinquième du pétrole et du gaz mondiaux.
Parallèlement, les autorités américaines ont détecté le lancement de drones d’attaque à sens unique à proximité des navires de guerre américains déployés dans le golfe d’Oman et la mer d’Arabie. Ces bâtiments font partie d’un blocus naval interdisant l’accès aux ports iraniens. Des analystes du renseignement ont également relevé une activité suspecte sur des sites de missiles sol-air iraniens près du détroit, menaçant les appareils américains engagés dans le blocus.
En réaction, le Commandement central des États-Unis a mené ce qu’il a qualifié de « frappes de légitime défense » contre des cibles dans le sud de l’Iran, afin, selon le capitaine Tim Hawkins, porte-parole du commandement, de « protéger nos troupes des menaces posées par les forces iraniennes ».
Ces frappes surviennent après une période d’accalmie relative et compliquent les efforts diplomatiques. Les Gardiens de la révolution ont promis une « réponse réciproque décisive » à toute violation du cessez-le-feu. En parallèle, les signaux de l’administration Trump restent contradictoires sur les pourparlers de paix. Le secrétaire d’État Marco Rubio a indiqué mardi que les négociations se poursuivaient et qu’un accord pourrait prendre « quelques jours ». Mais le président Trump avait déclaré la veille qu’il n’y avait « pas d’urgence » et que le résultat serait soit « grand et significatif », soit « pas d’accord du tout ».
Les négociateurs iraniens sont rentrés mardi à Téhéran après des pourparlers au Qatar, marquant une pause dans les discussions. Parmi les points bloquants figurent la réouverture du détroit d’Ormuz, que l’Iran bloque effectivement, et le stockage de l’uranium hautement enrichi iranien. Le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a déclaré dans un communiqué que la guerre avec les États-Unis avait montré que les bases américaines au Moyen-Orient n’étaient plus sûres.
Le dossier nucléaire iranien suscite des offres de médiation. Le Kazakhstan s’est dit prêt à aider à résoudre la situation autour du programme nucléaire iranien. Le président kassym-jomart Tokaïev a rencontré mardi Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, et a déclaré que son pays était « prêt à aider à résoudre la situation entourant le programme nucléaire de l’Iran, à condition que des accords internationaux appropriés soient conclus ».
Par ailleurs, Israël a frappé plus de cent sites au Liban, visant selon l’armée israélienne des installations de stockage d’armes utilisées par le Hezbollah, soutenu par l’Iran. Cette escalade pourrait compliquer les efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre en Iran.
Enfin, un haut responsable iranien a annoncé mardi que le gouvernement assouplissait progressivement les restrictions d’accès à Internet, après des mois de quasi-panne imposée à des millions d’Iraniens.