Le Mozambique traverse une période de tensions multiples, confronté à une double menace : l’insurrection jihadiste persistante dans la province de Cabo Delgado et une crise politique interne aggravée par le conflit post-électoral. Le gouvernement, fragilisé, se trouve pris en étau entre la nécessité de sécuriser le territoire et celle de répondre aux revendications de l’opposition, tout en dépendant largement de l’aide étrangère pour maintenir l’ordre.

La menace jihadiste toujours présente

Depuis 2017, des groupes affiliés à l’État islamique mènent des attaques dans le nord du pays, notamment à Cabo Delgado, une région riche en gaz naturel. Après une accalmie relative, les violences ont repris ces derniers mois, avec des incursions meurtrières contre des villages et des positions militaires. Les forces armées mozambicaines peinent à contenir l’insurrection, malgré le soutien de troupes rwandaises et de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC). Cette dépendance à l’égard de forces extérieures place l’État dans une position fragile, exposé aux critiques sur sa souveraineté.

Crise post-électorale et opposition radicalisée

Parallèlement, le climat politique s’est dégradé depuis les élections législatives et présidentielles contestées. L’opposition, menée par le parti Podemos et son candidat Venâncio Mondlane, dénonce des fraudes massives et refuse de reconnaître la victoire du parti au pouvoir, le Front de libération du Mozambique (Frelimo). Des manifestations sporadiques ont dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, faisant plusieurs blessés et arrests. Le gouvernement accuse l’opposition de chercher à déstabiliser le pays, tandis que les opposants réclament un dialogue national.

Un État pris en étau

Face à cette double pression, l’État mozambicain peine à concilier sécurité et stabilité politique. Les ressources, déjà limitées, sont dispersées entre la lutte anti-jihadiste et la gestion des tensions internes. Les autorités, tout en insistant sur leur légitimité, sont contraintes de composer avec des alliés internationaux, tout en tentant de contenir une opposition de plus en plus audacieuse. La situation humanitaire se dégrade également, avec des déplacés dans le nord et une économie locale sinistrée.

Un avenir incertain

Alors que le pays tente de relancer ses projets gaziers, sources majeures de revenus futurs, la persistance de l’insécurité et l’instabilité politique freinent les investissements étrangers. Le gouvernement, tout en appelant à l’unité nationale, n’a pas encore trouvé de solution durable pour sortir de cette impasse.