Les opérations d’immigration américaines génèrent un lourd tribut climatique. Selon une analyse de données menée par l’organisation de défense des droits Human Rights First (HRF), les vols de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE) émettent des centaines de milliers de tonnes de dioxyde de carbone chaque année. La campagne de déportations massives lancée par le président Donald Trump a entraîné une augmentation d’au moins 80 % du nombre de ces vols par rapport à l’année précédente, accélérant la crise climatique.

Savitri Arvey, directrice de la recherche et de l’analyse pour les droits des réfugiés et des immigrés chez HRF, a souligné une « augmentation stupéfiante de tous les vols d’application des lois sur l’immigration », tant en nombre qu’en diversité des destinations. Les autorités américaines transportent un nombre sans précédent de personnes vers des centres de détention éloignés de leur lieu d’arrestation, puis les expulsent vers des pays du monde entier.

Des émissions en forte hausse

L’analyse, partagée exclusivement avec la presse, révèle que les vols d’immigration américains sont responsables d’une quantité massive de gaz à effet de serre. Chaque vol consomme du carburéacteur et émet du CO₂, contribuant au réchauffement climatique. L’étude n’a pas encore été rendue publique dans son intégralité, mais les chiffres préliminaires indiquent une tendance alarmante.

Les vols ne se limitent pas aux expulsions vers les pays d’origine des migrants. Ils incluent également des transferts internes aux États-Unis, où des personnes arrêtées dans une région sont envoyées dans des centres de détention situés parfois à des milliers de kilomètres. Ces trajets multiplient les distances parcourues et, par conséquent, les émissions.

Le rôle de l’administration Trump

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, la politique d’immigration a été durcie. Les déportations ont été accélérées, et le nombre de vols charter affrétés par ICE a bondi. Les données collectées par HRF montrent que cette augmentation dépasse de loin les niveaux observés sous les administrations précédentes. L’organisation a recensé une hausse d’au moins 80 % du volume de vols d’immigration par rapport à l’année précédente, une période qui correspond au début du second mandat de Trump.

Conséquences environnementales et humaines

Au-delà de l’impact climatique, ces vols posent des questions éthiques. Les migrants sont souvent transportés dans des conditions précaires, sans accès à des soins adéquats. Les organisations de défense des droits dénoncent depuis longtemps les coûts humains de ces opérations. L’ajout d’un coût environnemental massif renforce les appels à une réforme de la politique migratoire.

Human Rights First milite pour une réduction du recours à la détention et aux expulsions par avion, et pour des alternatives moins polluantes. L’organisation appelle également à une transparence accrue de la part de l’ICE sur ses émissions de gaz à effet de serre.

Un enjeu climatique invisible

Les émissions des vols d’immigration sont rarement prises en compte dans le bilan carbone des États-Unis. Pourtant, elles s’ajoutent à d’autres sources de pollution liées à la sécurité intérieure, comme les vols de patrouille ou les opérations militaires. L’analyse de HRF vise à mettre en lumière cet angle mort de la politique climatique américaine.

Alors que la communauté internationale cherche à réduire les émissions de CO₂ pour limiter le réchauffement planétaire, l’explosion des vols d’immigration américains représente un contresens. Les données montrent que sans changement de cap, l’empreinte carbone de ces opérations continuera de croître.