Une épidémie de rougeole dans l’État américain de l’Utah a infecté plus de 670 personnes depuis l’été dernier, selon les données du ministère de la Santé de l’État. Si la majorité des cas concernent des enfants dont les parents ont refusé la vaccination, de nouvelles données montrent que des personnes qui ne peuvent pas être vaccinées pour des raisons médicales tombent également malades.
Parmi les infectés figurent 23 nourrissons de moins d’un an, âge auquel les enfants reçoivent normalement leur première dose du vaccin ROR. Douze femmes enceintes ont également été infectées, dont une qui a transmis le virus à son nouveau-né. Les médecins spécialistes en maladies infectieuses pédiatriques rapportent aussi avoir soigné plusieurs enfants immunodéprimés hospitalisés à cause de la rougeole.
Bien que ces patients représentent une minorité des personnes non vaccinées touchées, leur situation est particulièrement préoccupante. Les groupes qui ne peuvent pas recevoir le vaccin sont souvent les plus vulnérables face aux complications graves. Les femmes enceintes, par exemple, ont un risque de décès dix fois plus élevé que les autres adultes. Le virus peut aussi provoquer des fausses couches ou des accouchements prématurés.
Les jeunes enfants sont plus exposés aux complications sévères. Les bébés qui contractent la rougeole avant leur premier anniversaire courent un risque accru de développer une affection rare appelée panencéphalite sclérosante subaiguë, qui peut apparaître des années après l’infection initiale. Cette complication, qui provoque des convulsions, des troubles moteurs et finalement la mort, est décrite par le Dr Andrew Pavia, spécialiste en maladies infectieuses pédiatriques dans l’Utah, comme « l’une des choses les plus horribles que j’ai vues ».
Face à ces risques, les autorités sanitaires de l’Utah conseillent aux parents de faire administrer une dose supplémentaire précoce du vaccin antirougeoleux aux nourrissons âgés de 6 à 11 mois.