Le groupe isérois Soitec, acteur mondial des matériaux pour semi-conducteurs, connaît un net regain d’activité après une année difficile. L’entreprise, basée à Bernin, près de Grenoble, bénéficie désormais de la forte demande générée par l’essor de l’intelligence artificielle (IA), qui stimule le marché des puces électroniques.
Un rebond après une année de vaches maigres
L’exercice 2024 avait été éprouvant pour Soitec, avec un recul de son chiffre d’affaires lié à un marché des semi-conducteurs en berne, notamment pour les secteurs automobile et industriel. Le groupe avait alors dû ajuster ses prévisions et faire face à un environnement économique morose. Mais les derniers mois marquent un retournement de tendance. Pour l’exercice 2024-2025, clos fin mars, Soitec a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de près de 10 %, à environ 1,3 milliard d’euros, porté par une demande soutenue dans les domaines de l’intelligence artificielle et de la connectivité.
Le rôle clé de l’IA
L’explosion des besoins en calcul liés à l’IA générative, avec des applications comme les chatbots ou les modèles de langage, tire la demande pour les substrats SOI, une technologie dont Soitec est un spécialiste mondial. Ces matériaux permettent de fabriquer des puces plus rapides et plus économes en énergie, un avantage déterminant pour les centres de données qui hébergent les serveurs d’IA. “Nous surfons sur la vague de l’IA, qui a un effet d’entraînement sur l’ensemble de la chaîne de valeur des semi-conducteurs”, a souligné la direction du groupe.
Des perspectives encourageantes
Soitec se montre confiant pour l’exercice en cours, avec un objectif de croissance de son chiffre d’affaires à deux chiffres. Le groupe mise sur une diversification de ses clients, tout en renforçant ses capacités de production, notamment sur son site historique en Isère et dans sa nouvelle usine à Singapour, inaugurée en 2024. Cette usine, conçue pour répondre à la demande asiatique, tourne désormais à plein régime.
Un contexte géopolitique tendu
Le marché des semi-conducteurs reste cependant soumis à des tensions géopolitiques, notamment entre les États-Unis et la Chine, qui peuvent perturber les approvisionnements et les ventes. Soitec, qui réalise une part importante de son activité en Asie, doit composer avec ces incertitudes. La guerre commerciale et les restrictions à l’exportation de technologies américaines vers la Chine pourraient avoir un impact sur la demande, mais le groupe espère que la diversification de ses débouchés, vers les télécoms et l’électronique automobile, lui permettra de limiter les risques.
Conclusion
Après une année 2024 marquée par une baisse d’activité, Soitec retrouve des couleurs grâce à l’intelligence artificielle. Le spécialiste des substrats pour semi-conducteurs, fleuron de la technologie française, affiche des résultats en forte hausse et se dit confiant pour l’avenir, malgré un environnement géopolitique incertain.