L’armée américaine expérimente depuis plusieurs semaines un nouveau véhicule blindé conçu spécifiquement pour détecter et neutraliser les drones. Surnommé le « tueur de drones », l’AMPV‑30 a été développé en moins de dix mois par l’entreprise de défense BAE Systems, à l’initiative du secrétaire à la Guerre Pete Hegseth.

Des essais en conditions réelles à Fort Hood

Ces tests se déroulent sur la base d’entraînement de Fort Hood, au Texas. Les deux premiers prototypes, entièrement financés par BAE Systems, ont été mis à disposition de l’US Army dans le cadre du programme « Transformation in Contact 2.0 ». Ce dispositif vise à accélérer l’évaluation de nouvelles capacités en conditions réelles, sans qu’un contrat officiel n’ait encore été signé. « L’armée de terre ne les a pas encore acquis », a précisé un porte-parole à The War Zone, soulignant que le développement est pour l’instant effectué sur fonds propres de l’entreprise.

Une puissance de feu adaptée à la menace des drones

L’AMPV‑30 repose sur la version polyvalente AMPV déjà en service dans l’armée américaine, mais a été profondément modifié pour intégrer un canon de 30 mm de conception norvégienne, fabriqué par Kongsberg Defence, ainsi qu’un système radar capable de détecter et neutraliser les drones à distance. Ce dispositif permet aux blindés d’abattre des drones volant en altitude, sans attendre qu’ils soient à portée directe de tir.

« Pour la toute première fois, les cavaliers et les fantassins peuvent mener à bien leurs missions principales tout en se défendant contre les essaims de drones », s’est félicité William Sheehy, dirigeant de BAE Systems. Le contrat officiel entre l’armée américaine et l’entreprise britannico-américaine reste la dernière étape avant un éventuel déploiement opérationnel.

Un contexte marqué par l’essor des drones dans les conflits

Ces essais interviennent alors que l’utilisation massive de drones dans des conflits récents, notamment en Ukraine, a accru la demande de systèmes capables de les contrer. Plusieurs incidents récents, comme des alertes aux drones en Lituanie ou la suspension du trafic aérien à Helsinki après une menace, illustrent la multiplication des risques liés à ces engins.