Des membres de la communauté autochtone ont exprimé leur choc et leur colère après qu’un abri rocheux aborigène a été « endommagé de manière irréversible » par des entrepreneurs construisant des lignes de transport d’électricité pour une zone d’énergie renouvelable en Nouvelle-Galles du Sud.
Le site patrimonial a été détruit par des bulldozers en mars, lors de la construction de pistes d’accès pour la zone d’énergie renouvelable Central-West Orana, un projet de ligne de transport situé à environ 300 km au nord-ouest de Sydney.
Cette destruction intervient dans le cadre du développement des infrastructures nécessaires à la transition énergétique, mais soulève de vives inquiétudes quant à la protection du patrimoine culturel aborigène face à l’accélération des projets d’énergie renouvelable.
Un site d’importance culturelle majeure
L’abri rocheux détruit n’est pas un simple site archéologique : il revêt une importance spirituelle et historique profonde pour les communautés autochtones locales. Selon les témoignages recueillis, ce lieu servait de refuge et de lieu de rassemblement depuis des millénaires. Sa destruction par des engins de chantier a provoqué une onde de choc au sein de la communauté, qui dénonce un manque de consultation et de respect des procédures de protection du patrimoine.
Les autorités compétentes n’avaient pas, semble-t-il, identifié ce site comme sensible avant le début des travaux, ou n’avaient pas pris les mesures nécessaires pour le préserver. Les entrepreneurs responsables des travaux n’ont pas commenté cette destruction, et aucune information n’a filtré sur d’éventuelles sanctions ou mesures correctives.
La transition énergétique en question
Ce nouvel incident relance le débat sur la manière dont la transition vers les énergies renouvelables est menée en Australie. Si le développement des zones d’énergie renouvelable est crucial pour atteindre les objectifs climatiques, la destruction du patrimoine culturel aborigène montre que les procédures de consultation et d’évaluation environnementale et culturelle sont encore insuffisantes.
Les communautés autochtones réclament depuis longtemps une meilleure reconnaissance de leurs droits fonciers et une participation réelle aux décisions concernant les projets d’infrastructure sur leurs terres. Ce nouvel épisode pourrait renforcer les appels à un moratoire sur les projets d’énergie renouvelable tant que des garanties solides de protection du patrimoine ne seront pas mises en place.
Des précédents inquiétants
Ce n’est pas la première fois que des sites sacrés aborigènes sont endommagés ou détruits en Australie. En 2020, le groupe minier Rio Tinto avait détruit des abris sous roche vieux de 46 000 ans à Juukan Gorge, en Australie-Occidentale, provoquant un scandale national et international. Ce précédent avait conduit à des promesses de réforme des lois sur la protection du patrimoine, mais les critiques estiment que les progrès sont trop lents.
La destruction de l’abri rocheux en Nouvelle-Galles du Sud montre que les mêmes erreurs se reproduisent, cette fois dans le cadre de projets d’énergie renouvelable, pourtant présentés comme vertueux pour l’environnement.
Réactions et suites
Les représentants des communautés autochtones locales ont appelé à une enquête indépendante sur les circonstances de cette destruction. Ils demandent également que des mesures soient prises pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent, notamment en renforçant les inspections avant le début des travaux et en imposant des sanctions dissuasives en cas de non-respect des obligations de protection du patrimoine.
Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud n’a pas encore réagi officiellement à cet incident. Il est probable que cet événement soit évoqué lors des prochaines sessions parlementaires, et qu’il alimente les débats sur la réforme des lois de protection du patrimoine culturel autochtone.
Conclusion
La destruction de cet abri rocheux aborigène pour les besoins d’un projet d’énergie renouvelable illustre les tensions entre transition énergétique et respect des droits et du patrimoine des Premières Nations. Elle souligne la nécessité urgente de concilier ces deux impératifs, sous peine de voir la transition énergétique australienne entachée par des atteintes irréversibles à la culture aborigène.