Un responsable iranien a indiqué lundi qu'un éventuel accord avec les États-Unis serait de nature préliminaire et se concentrerait sur la cessation des hostilités. Cette déclaration intervient alors que des représentants des deux parties se sont rendus à Doha, au Qatar, pour des pourparlers, tandis que l'armée américaine a annoncé avoir mené des frappes défensives contre des sites de lancement de missiles et des bateaux posant des mines dans le sud de l'Iran.

Les frappes, qualifiées de défensives par le Commandement central américain, visaient à « protéger nos troupes des menaces posées par les forces iraniennes ». Elles ont eu lieu quelques heures après l'arrivée des négociateurs iraniens au Qatar, compliquant le climat des discussions.

Position iranienne sur la portée de l'accord

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a déclaré que Téhéran ne discutait pas des détails de son programme nucléaire dans le cadre des pourparlers en cours. Il a également affirmé que, même si des conclusions ont été atteintes sur une grande partie des questions, « personne ne peut prétendre que la signature d'un accord est imminente ». Selon des diplomates, l'Iran insiste pour que tout accord couvre à la fois la guerre avec les États-Unis et Israël ainsi que le conflit israélien avec le Hezbollah au Liban.

Le président américain Donald Trump a pour sa part exigé que l'Iran remette son uranium enrichi aux États-Unis ou le détruise devant des témoins neutres. Un haut responsable américain avait indiqué dimanche que les Iraniens s'étaient engagés en principe à abandonner leurs stocks d'uranium enrichi, mais cette information n'a pas été confirmée officiellement par Téhéran.

Délégation iranienne et médiation

La délégation iranienne à Doha était conduite par le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et comprenait également le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, selon des médias d'État iraniens et des diplomates. Le Qatar joue le rôle de médiateur immédiat, tandis que le Pakistan a également œuvré en coulisses, son Premier ministre Shehbaz Sharif ayant rencontré le président chinois Xi Jinping pour discuter des pourparlers.

Implications régionales et économiques

Les frappes américaines en Iran et l'intensification annoncée des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban rendent plus difficile la recherche d'un accord de paix. Le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran depuis le déclenchement de la guerre fin février continue de perturber les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. Lundi, les prix du pétrole ont chuté de 6,5 %, le Brent s'établissant sous la barre des 94 dollars le baril, restant néanmoins environ 30 % plus élevé qu'avant le conflit.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio, en visite en Inde, a déclaré que les négociations se poursuivaient, ajoutant : « Il y a eu des discussions au Qatar aujourd'hui, nous verrons si nous pouvons progresser. »

Réactions en Israël et perspectives

En Israël, l'évocation d'un possible accord suscite des inquiétudes, certains hommes politiques estimant qu'il ne parviendrait pas à limiter les capacités nucléaires iraniennes. Donald Trump a également appelé le Qatar et l'Arabie saoudite à adhérer aux accords d'Abraham pour normaliser leurs relations avec Israël dans le cadre d'un accord initial, une demande jugée peu probable d'être satisfaite.

Alors que les délégations restent à Doha, les prochains jours devraient être décisifs pour déterminer si une trêve peut être conclue ou si les combats vont s'intensifier.