Un panel de juges fédéraux a rejeté mardi la tentative de l'État de l'Alabama d'utiliser une nouvelle carte électorale pour les élections de mi-mandat de novembre, estimant que les circonscriptions discriminaient les électeurs noirs et ne pouvaient pas être mises en œuvre si peu de temps avant le scrutin. La décision a été rendue publique alors que des milliers de bulletins avaient déjà été déposés dans l'État voisin de Caroline du Sud, où les sénateurs ont ajourné sans adopter une nouvelle carte qui aurait éliminé l'unique circonscription à majorité noire.

Le procureur général de l'Alabama, Steve Marshall, a annoncé dans un document judiciaire déposé mardi après-midi qu'il ferait immédiatement appel devant la Cour suprême des États-Unis. Celle-ci avait statué le mois dernier qu'une carte similaire de la Louisiane, créant deux circonscriptions à majorité noire pour la Chambre des représentants, constituait un gerrymandering racial inconstitutionnel. La gouverneure républicaine Kay Ivey avait déjà fixé des primaires spéciales en août dans quatre circonscriptions affectées par la nouvelle carte.

Un contexte juridique complexe

Le rejet de la carte alabamienne intervient dans un climat de confusion juridique à travers le Sud, alors que les législatures dirigées par les républicains se sont précipitées pour mettre en œuvre de nouveaux tracés après que la Cour suprême a restreint la portée de la loi sur le droit de vote de 1965 (Voting Rights Act). La décision de mardi démontre comment l'arrêt de la plus haute juridiction a compliqué l'interprétation de cette loi historique par les tribunaux inférieurs.

Les juges de la cour de district ont précisé avoir examiné les arguments à la lumière du récent arrêt de la Cour suprême, mais ont maintenu que la carte de l'Alabama échouait même sous ce nouveau standard en raison d'une discrimination intentionnelle envers les électeurs noirs. Si la Cour suprême accepte d'entendre l'appel, cette affaire deviendra le premier test majeur du nouveau cadre juridique imposé par la haute cour pour contester les cartes électorales.

Conséquences politiques

La décision représente une victoire pour les démocrates qui cherchent à reprendre le contrôle de la Chambre des représentants. Combinée à l'ajournement du Sénat de Caroline du Sud sans nouvelle carte, ces développements pourraient préserver plusieurs sièges à majorité noire lors des élections de mi-mandat. La gouverneure Ivey avait déjà convoqué des primaires spéciales pour le mois d'août dans les districts concernés, mais l'avenir de ce calendrier est désormais incertain en attendant l'appel.

Le débat sur les circonscriptions électorales reste l'un des plus polarisés aux États-Unis, opposant défenseurs du droit de vote et partisans d'une interprétation plus stricte de la loi. La décision de mardi pourrait avoir des répercussions au-delà de l'Alabama, alors que d'autres États du Sud observent attentivement l'évolution juridique.