Le taux d'absentéisme dans le secteur privé en France a atteint un nouveau sommet en 2025, s'établissant à 4,3 %, contre 3,4 % avant la pandémie de Covid-19, en 2019. Cette hausse, mise en évidence par un rapport diffusé mardi 9 juin, concerne en particulier les jeunes salariés et les cadres, deux catégories qui présentent des profils d'absence distincts.
Jeunes : des arrêts plus fréquents mais plus courts
Les salariés de moins de 30 ans sont davantage enclins à interrompre leur activité professionnelle. L'étude indique que 21 % d'entre eux ont connu au moins deux arrêts de travail au cours de l'année écoulée, pour des durées moyennes de 12,4 jours. Par ailleurs, 17,5 % des jeunes actifs ont été arrêtés trois fois ou plus sur la même période. Les auteurs du rapport avancent plusieurs explications : une préparation jugée insuffisante à la vie active, l'exercice de fonctions peu pourvoyeuses de responsabilités – facteur qui limiterait l'auto-contrainte à être présent –, ainsi que des conditions de travail jugées pénibles dans certains secteurs.
La santé mentale apparaît également comme un facteur déterminant. Depuis la crise sanitaire, les troubles anxieux, la dépression et l'épuisement professionnel connaissent une recrudescence marquée chez les jeunes générations. Plusieurs causes sont avancées : l'hyperconnectivité, la surcharge cognitive, la précarité, la quête d'un équilibre entre vie personnelle et professionnelle et l'isolement social. En 2025, les motifs psychologiques représentaient 37,8 % des arrêts de plus de trente jours, et constituaient le deuxième motif de prescription d'arrêt toutes durées confondues.
Cadres et managers : une progression spectaculaire
L'absentéisme des cadres a bondi de 35,2 % par rapport à 2019. Parmi les managers, 53 % ont déclaré avoir reçu au moins une prescription d'arrêt de travail en 2025. Cette évolution, alors que les postes à responsabilité étaient historiquement associés à un moindre recours aux arrêts, témoigne d'une transformation des modes de travail et des pressions exercées sur cette population.
Les seniors : moins souvent, mais plus longtemps
À l'inverse, les salariés de plus de 55 ans s'arrêtent moins fréquemment mais pour des durées plus longues, avec une moyenne de 39,7 jours par arrêt. Ce constat s'explique par la prévalence de pathologies lourdes telles que les affections rhumatologiques, musculosquelettiques, cardiovasculaires ou les cancers.
Des disparités sectorielles marquées
Le taux d'absentéisme varie fortement selon les branches d'activité. Le secteur de la santé et du social affiche le niveau le plus élevé, avec 7,1 %. Viennent ensuite le transport et la logistique (5,7 %) et l'industrie (4,7 %).
Un phénomène global en hausse
Près d'un salarié du privé sur trois a été en arrêt de travail en 2025, selon l'étude. Ce phénomène s'inscrit dans une tendance de fond amorcée après la pandémie, marquée par une augmentation des arrêts de courte durée – les arrêts d'un à trois jours représentent 44 % du total, bien qu'ils impactent moins de 0,2 % du taux global d'absentéisme.