Salué à Téhéran comme un triomphe, l'accord de Genève est présenté par les autorités iraniennes comme une «victoire totale». De l'autre côté de l'Atlantique, l'administration Trump assume un constat d'«échec des États-Unis», selon les termes employés par des responsables américains.
Le protocole d'accord signé à Genève est jugé nettement plus favorable à l'Iran que l'accord précédent conclu sous l'administration Obama en 2013. Les analystes soulignent que les concessions de Washington sur le nucléaire, le pétrole et les sanctions sont sans précédent. L'administration Trump, qui avait pourtant promis une ligne dure, a accepté des conditions que beaucoup considèrent comme un recul stratégique.
Les termes exacts de l'accord n'ont pas été rendus publics dans leur intégralité, mais des fuites et des déclarations officielles laissent entrevoir un allègement significatif des sanctions économiques pesant sur Téhéran, notamment dans le secteur pétrolier. En contrepartie, les engagements iraniens sur le programme nucléaire seraient moins contraignants que ceux exigés par les précédents négociateurs américains.
Réactions à Téhéran
Le régime iranien a immédiatement exploité la nouvelle à des fins de propagande intérieure. Des rassemblements spontanés ont eu lieu dans plusieurs villes, des responsables politiques et religieux saluant «la défaite de l'ennemi américain». Les médias d'État multiplient les éditoriaux triomphalistes, insistant sur le fait que la résistance iranienne a forcé Washington à plier.
Revers américain
Aux États-Unis, la tonalité est radicalement différente. Bien que l'administration présente l'accord comme une «étape nécessaire» pour éviter une escalade militaire, des membres du Congrès, y compris au sein du camp républicain, dénoncent une capitulation. L'échec américain serait patent, selon plusieurs experts, qui pointent l'absence de garanties solides sur le démantèlement du programme nucléaire iranien.
Analyse des termes
Comparé à l'accord intermédiaire de 2013, le protocole de Genève apparaît bien plus conciliant. Là où Barack Obama avait obtenu un gel partiel des activités nucléaires en échange d'un allègement limité des sanctions, Donald Trump aurait accordé des assouplissements plus larges et plus rapides, sans exiger en retour des réductions capacités vérifiables.
Des diplomates européens, qui ont joué un rôle de facilitateur, restent prudents. Si certains saluent une avancée pour la stabilité régionale, d'autres redoutent que cet accord ne crée un précédent dangereux, en récompensant la stratégie de la tension nucléaire adoptée par Téhéran.
Conclusion
En l'état, l'accord de Genève marque un tournant dans la politique étrangère américaine au Moyen-Orient. Téhéran en sort renforcé politiquement et économiquement, tandis que Washington doit gérer les conséquences d'un échec diplomatique assumé, qui fragilise encore davantage la crédibilité des États-Unis sur la scène internationale.