Ce mercredi soir, les représentants des États-Unis et de l'Iran ont apposé leur signature électronique sur un protocole d'accord destiné à mettre un terme aux hostilités déclenchées le 28 février par la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei. Ce texte prévoit la prolongation du cessez-le-feu entré en vigueur le 8 avril sous l'égide du Pakistan, la réouverture du détroit d'Ormuz, ainsi que l'engagement de négociations à venir, qualifiées d'« extrêmement délicates », sur le programme nucléaire iranien.
Si les termes de l'accord ont suscité des interprétations divergentes – Téhéran y voyant une victoire totale et l'administration Trump un échec américain –, les faits sur le terrain apportent un éclairage plus nuancé, notamment en ce qui concerne l'état réel des capacités militaires iraniennes.
Un arsenal balistique en partie intact
Le président Donald Trump a affirmé, le jour même de la signature, que l'Iran avait perdu environ 85 % de ses missiles balistiques, ajoutant que le reste était enseveli et inaccessible. Cependant, de récentes images satellite contredisent cette assertion, indiquant que des infrastructures et des lanceurs pourraient subsister. L'offensive américano-israélienne a certes visé en priorité le programme balistique iranien, mais les destructions systématiques n'ont pas été totales.
Un conflit aux lourdes conséquences
En un peu plus de cent jours, les bombardements conjoints des États-Unis et d'Israël ont frappé des milliers de cibles en Iran : sites militaires (bases, quartiers généraux, industries de défense, systèmes antiaériens), infrastructures politiques (ministères, médias), énergétiques (dépôts, raffineries), nucléaires et civiles. À Téhéran, 1 269 bâtiments ont été détruits ou endommagés, selon des chercheurs américains. Dans l'ensemble du pays, 7 645 édifices – dont 60 écoles et 12 hôpitaux – ont subi des dégâts.
La direction iranienne a été décapitée : le guide suprême Ali Khamenei a été remplacé par son fils Mojtaba, tandis que le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, le commandant de la Marine, Alireza Tangsiri, et les ministres de la Défense et du Renseignement ont péri.
En riposte, l'Iran a attaqué des bases militaires américaines dans tout le Golfe, des infrastructures pétrolières et gazières, ainsi que des sites civils en Israël et aux Émirats arabes unis. Au moins 42 appareils américains (25 drones, 11 avions, 5 chasseurs et un hélicoptère) ont été détruits ou endommagés.
Le bilan humain est lourd : 13 militaires américains sont morts et au moins 400 autres ont été blessés. En Iran, l'organisation Human Rights Activists in Iran a recensé 3 636 victimes. Au Liban, 3 800 personnes ont péri. Au total, plus de 7 600 personnes ont perdu la vie dans le conflit, dont trois militaires français.
Le coût du conflit pour Washington est estimé à 29 milliards de dollars.
Des questions en suspens
Au-delà des déclarations triomphalistes, le protocole d'accord ouvre une phase de négociations complexes. Les capacités balistiques iraniennes, bien qu'affaiblies, ne semblent pas anéanties, et la question nucléaire reste entière. La communauté internationale observe avec attention les prochaines étapes, tandis que les interprétations divergentes de l'accord continuent d'alimenter les débats politiques.