Alors que la France connaît des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents et intenses, une enquête flash publiée début juillet par l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas) met en lumière le rôle crucial joué par les centres communaux (CCAS) et intercommunaux (CIAS) d’action sociale dans l’accompagnement des publics vulnérables. Selon cette étude, réalisée auprès de plusieurs centaines de structures, 77 % d’entre elles ont mis en place des actions spécifiques pendant les fortes chaleurs du mois de juin 2025.

Des chiffres qui témoignent d’une forte réactivité

L’enquête indique que 85 % des CCAS et CIAS ont activé leur plan canicule, un dispositif prévu par les collectivités pour prévenir les risques liés aux températures extrêmes. Par ailleurs, 80 % des centres ont procédé au recensement des personnes âgées isolées sur leur territoire, une démarche jugée essentielle pour identifier les habitants les plus exposés. La distribution d’eau figure également parmi les actions menées : 53 % des structures interrogées ont fourni des bouteilles ou des points d’eau aux personnes sans abri ou vivant dans des logements précaires.

L’étude révèle surtout une augmentation significative de la demande : 63 % des CCAS et CIAS déclarent avoir reçu davantage de sollicitations par rapport à l’année précédente. Cette hausse témoigne à la fois de l’aggravation des effets de la canicule et de la confiance des usagers envers ces services de proximité. « Les centres d’action sociale sont en première ligne pour répondre aux besoins des plus vulnérables », a rappelé l’Unccas, soulignant que sans leur action, des milliers de personnes seraient privées d’accès à l’eau, à la fraîcheur ou à un suivi sanitaire.

Un rôle menacé par une tentative de réforme

Ce bilan intervient dans un contexte politique particulier. Quelques jours avant la publication de l’enquête, une proposition de loi portée par des sénateurs de droite visait à rendre facultative la création des CCAS pour les communes de moins de 10 000 habitants. Le texte, qui n’a pas été adopté, avait suscité une vive opposition de la part des associations d’élus et des travailleurs sociaux. L’Unccas avait alors dénoncé une menace directe contre un outil « indispensable » de solidarité locale. L’enquête flash vient donc apporter une démonstration chiffrée de l’utilité de ces structures en période de crise climatique.

Un dispositif plébiscité mais sous tension

Les CCAS et CIAS emploient des milliers d’agents, parmi lesquels des auxiliaires de vie, des assistantes sociales et des médiateurs. En Gironde, un reportage récent avait déjà illustré le quotidien de ces professionnels qui, durant la canicule, assurent des tournées de livraison d’eau et de nourriture auprès des personnes âgées dépendantes. « Sans nous, ils ne boiraient pas », confiait alors une auxiliaire de vie. L’enquête nationale confirme que cette réalité est partagée sur l’ensemble du territoire, avec des agents souvent peu nombreux face à l’ampleur des besoins.

L’Unccas appelle les pouvoirs publics à reconnaître et à renforcer ce maillage social, en dotant les CCAS de moyens humains et financiers à la hauteur des enjeux. Alors que les épisodes caniculaires devraient se multiplier, l’organisation insiste sur la nécessité de maintenir un service public de proximité, capable d’atteindre les publics les plus isolés.