Un fonds de 300 milliards de dollars pour l’Iran
Le mémorandum de compréhension annoncé entre les États-Unis et l’Iran, qui doit être officiellement paraphé en Suisse vendredi, prévoit la création d’un fonds d’investissement de 300 milliards de dollars pour la République islamique. Cette somme colossale, destinée à permettre à Téhéran de se réinsérer dans l’économie mondiale, est conditionnée à la mise en œuvre rigoureuse des engagements pris dans le cadre de l’accord de sortie de guerre.
Le vice-président américain JD Vance a précisé que les incitations financières seraient liées à la « performance » de l’Iran dans le respect du deal. Il a notamment déclaré : « Ce que nous disons, c’est que l’Iran aura un avenir bien meilleur et bien plus prospère s’il respecte les obligations qu’il contracte dans le cadre de cet accord. »
Un financement indirect, assure l’administration Trump
L’administration Trump s’efforce de dissiper les accusations selon lesquelles elle verserait une rançon ou une compensation directe à l’Iran. Le président Donald Trump a lui-même démenti sur son réseau Truth Social que 300 millions de dollars seraient payés par les États-Unis, qualifiant cette information de « fausse nouvelle ». Le vice-président Vance a également contesté l’idée que « des milliards de dollars d’actifs seront libérés », insistant sur le fait que des opportunités économiques pourraient naître une fois que l’Iran se repositionnera sur la scène internationale.
Selon plusieurs sources, le fonds ne serait pas alimenté par des fonds publics américains mais constitué par des entreprises désireuses d’investir en Iran, une fois les sanctions levées ou assouplies. Le New York Times a rapporté que la mise de fonds proviendrait d’une « coalition du Golfe », sans préciser quels États en seraient les contributeurs.
Un dispositif à risques, selon les analystes
Ce schéma, qualifié de « plan risqué de récompenses séquencées » par plusieurs observateurs, repose sur la vérification par étapes des engagements iraniens. Le think tank Middle East Council on Global Affairs, par la voix de son chercheur non-résident Muhanad Seloom, y voit une solution « sans perte » pour Washington : « Si l’Iran se réforme, l’administration revendique la paix ; si ce n’est pas le cas, les États-Unis ne perdent rien et le Golfe assume le risque. »
Contexte de guerre et de crise énergétique
Cet accord intervient après plus de cent jours de conflit militaire entre les États-Unis et l’Iran, qui a provoqué une flambée des prix de l’énergie et une perturbation des marchés mondiaux. La réouverture du détroit d’Ormuz, annoncée parallèlement à la signature du mémorandum, est perçue comme une condition essentielle à la relance des flux pétroliers. Le fonds d’investissement est présenté par Washington comme une contrepartie au renoncement de Téhéran à ses activités nucléaires sensibles et à l’acceptation d’inspections internationales renforcées.
Des interrogations sur les garanties
Les détails précis du mécanisme de déblocage progressif des fonds restent flous. Les modalités de contrôle et la définition des « obligations » iraniennes n’ont pas été divulguées. Les critiques, notamment en Israël, redoutent que Téhéran ne détourne une partie des sommes à des fins militaires ou régionales, tandis que les partisans de l’accord y voient une chance unique de normalisation dans une région dévastée par la guerre.
La signature solennelle prévue vendredi en Suisse devrait lever une partie de ces ambiguïtés, même si les premiers échanges électroniques, déjà effectués dimanche, montrent que les deux parties souhaitent sceller l’accord dans les plus brefs délais.