Un dispositif financier d'une ampleur sans précédent serait en préparation entre les États-Unis et l'Iran. Selon des informations concordantes, les deux parties auraient négocié la libération d'environ 300 milliards de dollars d'avoirs iraniens gelés sur des comptes à l'étranger, principalement dans des banques chinoises, sud-coréennes et japonaises. Ces fonds, bloqués depuis le rétablissement des sanctions américaines en 2018, représenteraient une manne considérable pour Téhéran, confronté à une grave crise économique.
Le mécanisme envisagé prévoirait que ces sommes soient transférées sur des comptes sous supervision de pays tiers, avec des restrictions sur leur utilisation. L'Iran ne pourrait y puiser que pour acheter des biens humanitaires — médicaments, denrées alimentaires, équipements médicaux — et non pour financer des activités militaires ou nucléaires. Un système de contrôle serait mis en place, impliquant des banques centrales de pays comme la Suisse, le Qatar ou la Turquie.
Une controverse politique immédiate
Cette initiative a provoqué une levée de boucliers au sein du Congrès américain. Des élus républicains et démocrates ont dénoncé un « chèque en blanc » offert à Téhéran. Le sénateur républicain Tom Cotton a qualifié l'accord de « folie pure », affirmant qu'il permettrait à l'Iran de « contourner les sanctions et de financer le terrorisme ». De son côté, le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Michael McCaul, a annoncé son intention de légiférer pour bloquer toute libération de fonds sans approbation du Congrès.
L'administration Trump, par la voix d'un haut responsable du département d'État, a défendu l'accord comme un « outil humanitaire indispensable ». Le même responsable a insisté sur le fait que les fonds seraient « strictement surveillés » et que tout détournement entraînerait des « conséquences immédiates ». La Maison-Blanche aurait obtenu des garanties écrites de plusieurs pays hôtes sur la traçabilité des dépenses.
Les implications régionales
Israël et les monarchies du Golfe, notamment l'Arabie saoudite, ont exprimé leur profonde inquiétude. Le Premier ministre israélien a qualifié l'accord de « dangereuse erreur » qui « renforcera l'axe du mal » au Moyen-Orient. Des diplomates européens, tout en saluant l'aspect humanitaire, ont réclamé des « garde-fous infranchissables » pour éviter que Téhéran n'utilise ces liquidités pour soutenir ses alliés au Yémen, en Syrie ou au Liban.
L'Iran, de son côté, a présenté l'accord comme une « victoire diplomatique » et une preuve de la « faiblesse des sanctions américaines ». Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que ces fonds « appartiennent au peuple iranien » et qu'ils serviront à « soulager les souffrances causées par les sanctions illégales ».
Des précédents controversés
Ce n'est pas la première fois que les États-Unis débloquent des avoirs iraniens. En 2016, dans le cadre de l'accord nucléaire (JCPOA), environ 1,7 milliard de dollars avaient été libérés, mais le montant actuel est sans commune mesure. Les critiques rappellent que Téhéran avait alors utilisé une partie des fonds pour accroître son aide aux milices régionales.
L'accord interviendrait dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Téhéran, alors que les négociations sur le nucléaire sont au point mort. Les partisans de l'accord estiment qu'il pourrait créer une « fenêtre d'opportunité » pour rouvrir un dialogue. Ses détracteurs redoutent au contraire qu'il ne donne à l'Iran les moyens de poursuivre son programme nucléaire sans entrave.
Un calendrier incertain
Aucune date précise n'a été fixée pour la mise en œuvre du dispositif. Des sources diplomatiques évoquent un transfert échelonné sur plusieurs mois, afin de limiter l'impact sur les marchés. Le département du Trésor américain devrait publier dans les prochains jours des règles détaillées encadrant les transactions autorisées.
En attendant, la polémique enfle à Washington. Des auditions parlementaires sont d'ores et déjà programmées, et plusieurs sénateurs ont menacé de bloquer toute nomination ou tout budget si l'accord était mis en œuvre sans leur consentement. L'administration Trump semble toutefois déterminée à aller de l'avant, quitte à s'engager dans une bataille judiciaire avec le Congrès.
Conclusion
Cet accord, s'il se concrétise, marquerait un tournant dans la politique américaine à l'égard de l'Iran. En dégelant une somme colossale, il changerait radicalement la donne économique pour Téhéran, tout en exposant Washington à des accusations de naïveté. L'équilibre entre impératif humanitaire et sécurité nationale s'annonce particulièrement délicat à trouver.