Le jugement dans l'affaire de la mort d'Elisa Pilarski a été prononcé ce jeudi 11 juin. Christophe Ellul, le compagnon de la victime, a été reconnu coupable d'homicide involontaire et condamné à une peine de prison avec sursis. Par ailleurs, le tribunal a ordonné l'euthanasie de Curtis, l'American Pitbull Terrier qui avait infligé les morsures mortelles à la jeune femme.
Les faits remontent au 16 novembre 2019. Elisa Pilarski, alors âgée de 29 ans et enceinte de six mois, promenait le chien de son compagnon dans la forêt de Retz, dans l'Aisne. Elle avait été retrouvée morte, le corps couvert de morsures canines. L'enquête, grâce à des analyses ADN, a établi que seul Curtis était impliqué dans cette attaque mortelle. Christophe Ellul avait initialement évoqué la possible intervention d'une meute de chiens de chasse à courre, mais cette hypothèse a été écartée par les investigations.
Lors du procès, la procureure avait requis quatre années d'emprisonnement avec sursis à l'encontre de Christophe Ellul. Elle avait également demandé l'euthanasie du chien, estimant qu'il aurait dû être mis à mort plus tôt plutôt que de rester confiné dans un chenil depuis le drame. L'animal, aujourd'hui âgé de huit ans, vit depuis 2019 dans un box de quatre mètres carrés avec un accès limité à une petite cour. La magistrate a souligné que le prévenu avait, selon elle, « importé une arme et l'avait chambrée » en adoptant et en dressant Curtis, mais a écarté les circonstances aggravantes, relevant l'absence de casier judiciaire, l'insertion sociale de l'accusé et la souffrance qu'il a lui-même éprouvée après la mort de sa compagne.
Christophe Ellul était également poursuivi pour avoir dressé son chien au mordant. L'animal avait été importé illégalement en France, sans déclaration aux autorités. La défense avait plaidé la thèse alternative, mais les preuves scientifiques ont confirmé l'implication exclusive du pitbull.
Une association de protection animale, « Les amis de Sam », constituée partie civile, s'était proposée pour recueillir Curtis et tenter une rééducation, estimant qu'il pourrait cesser d'être dangereux. La décision du tribunal d'ordonner l'euthanasie met fin à cette perspective. La question de la législation sur les American Pitbull Terriers en France avait également été évoquée lors des débats, la procureure ayant indiqué ne pas avoir la certitude que la possession de cette race soit formellement interdite sur le territoire.
Le verdict met un point final judiciaire à une affaire qui avait suscité une vive émotion dans l'opinion publique, tant par les circonstances du drame que par les interrogations soulevées sur la détention de chiens dangereux.