Un nouveau procès pour le tueur en série
Le tueur en série Francis Heaulme, déjà condamné pour plusieurs homicides, devra répondre d’un nouveau meurtre devant la justice. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a décidé de le renvoyer devant la cour d’assises du Val-de-Marne pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, commis en 1989.
L’affaire remonte au 4 décembre 1989. Ce jour-là, le corps de Jean-Joseph Clément, un kinésithérapeute, avait été retrouvé dans son cabinet de Villeneuve-Saint-Georges, dans le Val-de-Marne. L’homme avait été tué lors d’un cambriolage qui avait mal tourné. Pendant plus de trente ans, l’enquête est restée au point mort, sans qu’aucun suspect ne soit formellement identifié.
Des preuves génétiques déterminantes
Ce n’est qu’en 2020 que l’enquête connaît un tournant décisif. Des analyses génétiques réalisées sur des scellés conservés depuis l’époque des faits ont permis d’identifier l’empreinte ADN de Francis Heaulme. Ces éléments ont conduit les enquêteurs à le considérer comme le principal suspect.
Le tueur en série, âgé de 67 ans aujourd’hui, purgeait déjà une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour une série de meurtres commis entre les années 1980 et 1990. Il avait notamment été condamné pour l’assassinat de deux enfants dans le Var en 1986, ainsi que pour plusieurs homicides de femmes et d’homosexuels. Surnommé « le routard du crime », il a toujours nié les faits qui lui sont reprochés dans cette affaire.
« Un soulagement » pour la famille
La décision de renvoi devant les assises a été accueillie avec émotion par la fille de Jean-Joseph Clément. « Ça fait des années que j’attendais une réponse, ça va être un soulagement », a-t-elle déclaré, visiblement marquée par l’attente. Elle a confié espérer que ce procès apporte enfin des réponses sur les circonstances de la mort de son père.
Cette affaire illustre la difficulté des enquêtes dites « cold cases » – ces dossiers criminels non résolus depuis des décennies. Les progrès de la génétique et la persistance des enquêteurs ont permis de rouvrir ce dossier, près de quarante ans après les faits.
Un procès à venir
La date du procès devant la cour d’assises du Val-de-Marne n’a pas encore été fixée. Francis Heaulme devra y répondre de l’accusation de meurtre. Il encourt une nouvelle peine de réclusion criminelle à perpétuité.
Ce renvoi devant les assises constitue une étape importante dans une affaire qui a longtemps semblé sans issue. Pour la famille de la victime, c’est l’espoir que justice soit enfin rendue, après plus de trois décennies d’incertitude.