Trente-sept ans après les faits, un nouveau chapitre judiciaire s'ouvre pour Francis Heaulme. Le tueur en série, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour plusieurs assassinats, a été renvoyé devant la cour d'assises pour le meurtre d'une femme survenu en 1989 dans le Var. Selon des sources judiciaires, la chambre de l'instruction de la cour d'appel d'Aix-en-Provence a ordonné ce renvoi le 16 juin 2026, estimant que les charges étaient suffisantes.

Des aveux restés lettre morte

L'affaire remonte au 10 mars 1989, dans la commune de La Londe-les-Maures. Le corps d'une femme âgée d'une cinquantaine d'années avait été découvert dans son domicile, présentant des traces de violences. L'enquête n'avait alors pas permis d'identifier l'auteur. En 2018, près de trente ans plus tard, Francis Heaulme, interrogé dans le cadre d'une autre procédure, aurait spontanément avoué ce crime. Pourtant, ces déclarations n'avaient pas été suivies d'effet à l'époque, aucun acte d'enquête complémentaire n'ayant été diligenté.

C'est finalement le pôle des crimes sériels ou non élucidés, créé à Nanterre, qui a relancé les investigations. Le parquet de Paris a requis le renvoi de l'accusé devant une cour d'assises en novembre 2025, estimant que les éléments recueillis, notamment des expertises et témoignages, justifiaient la tenue d'un procès. La défense de Francis Heaulme a contesté cette décision, mais la chambre de l'instruction a confirmé la mise en accusation.

Un parcours criminel hors norme

Né en 1959, Francis Heaulme a été condamné à plusieurs reprises pour des meurtres commis entre 1984 et 1992. Surnommé le « routard du crime », il a avoué une quarantaine d'homicides, mais n'a été jugé que pour une partie d'entre eux. Il purge actuellement une peine de réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de vingt-deux ans, pour les assassinats de deux enfants à Montigny-lès-Metz en 1986, ainsi que pour d'autres meurtres dans le Sud-Est.

Ce nouveau procès, qui devrait se tenir dans les mois à venir, soulève des questions sur les ratés de l'enquête initiale et la prise en compte tardive des aveux du criminel. Les parties civiles espèrent obtenir des réponses sur les circonstances exactes de la mort de la victime, tandis que les avocats de la défense devraient plaider la prescription ou les limites de la preuve après plusieurs décennies.

Les enjeux d'un procès tardif

Le renvoi de Francis Heaulme devant la cour d'assises illustre les difficultés des affaires dites « cold cases ». Les juges ont estimé que le temps écoulé ne faisait pas obstacle à la manifestation de la vérité, d'autant que l'accusé avait lui-même évoqué les faits. Reste à savoir si le procès pourra se dérouler sereinement, alors que le principal intéressé est déjà incarcéré pour des crimes similaires.

Les investigations menées par le pôle dédié de Nanterre ont permis de rassembler des éléments matériels et des dépositions qui n'avaient pas été exploités. Ce travail de longue haleine aboutit aujourd'hui à une mise en accusation, près de quatre décennies après les faits. La date du procès n'a pas encore été fixée.