L’enquête sur la disparition de Delphine Jubillar vient de franchir une étape décisive. Les ossements mis au jour jeudi 16 juillet dans une parcelle agricole de la commune de Mailhoc, dans le Tarn, ont été formellement reconnus comme appartenant à l’infirmière de 33 ans, disparue il y a près de six ans. Des sources proches du dossier ont confirmé l’information ce week-end, alors que les analyses scientifiques menées par les experts de la gendarmerie viennent de s’achever.

La découverte a eu lieu sur le secteur que Cédric Jubillar, le mari de la victime, avait indiqué aux enquêteurs après avoir avoué le meurtre de son épouse. Ces aveux, intervenus dans les jours précédant la trouvaille, ont radicalement changé le cours des recherches. Depuis, les gendarmes spécialisés ont concentré leurs efforts sur ce périmètre précis, aboutissant à l’exhumation des ossements.

Vendredi 17 juillet, les investigations se sont poursuivies sur place, les militaires ratissant méthodiquement les abords du champ où les restes ont été localisés. Les équipes de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN), basé à Pontoise, ont été mobilisées en urgence pour procéder aux examens anthropologiques et génétiques. La course contre la montre visait à fournir une réponse à la famille de la disparue, qui attend depuis décembre 2020.

Un aveu qui a tout changé

Cédric Jubillar, aujourd’hui mis en examen pour meurtre, a reconnu avoir tué sa femme dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, à leur domicile de Cagnac-les-Mines. Il avait toujours nié les faits depuis son interpellation en juin 2021, mais a fini par livrer une version des faits aux enquêteurs, indiquant l’endroit où il aurait enterré le corps. C’est ce témoignage qui a conduit les gendarmes sur la commune de Mailhoc, à une vingtaine de kilomètres du domicile familial.

L’identification des ossements confirme désormais la fin d’un mystère qui a tenu en haleine l’opinion publique pendant cinq ans et demi. Delphine Jubillar, mère de deux enfants, avait quitté le domicile conjugal cette nuit-là, vêtue d’une doudoune blanche. Son corps n’avait jamais été retrouvé, malgré de multiples campagnes de fouilles.

Des analyses poussées

Les ossements ont été transportés dans les laboratoires de l’IRCGN, où les experts ont pratiqué des analyses ostéologiques et des prélèvements ADN pour les comparer au profil génétique de la victime. La confirmation formelle a été rendue possible grâce à ces examens, qui ont également permis d’écarter toute autre hypothèse. Les résultats définitifs ont été communiqués aux magistrats instructeurs du pôle de l’instruction de Toulouse.

La découverte des restes de Delphine Jubillar ouvre une nouvelle phase dans la procédure judiciaire. Les enquêteurs pourront désormais confronter les déclarations de Cédric Jubillar aux constatations matérielles. L’autopsie et les analyses complémentaires devraient fournir des précisions sur les causes exactes de la mort et sur les circonstances du décès.

Un dossier qui reste ouvert

Si l’identification met fin à l’attente pour la famille, plusieurs zones d’ombre persistent. Les investigations se poursuivent notamment pour déterminer si Cédric Jubillar a agi seul ou s’il a bénéficié de complicités, une piste régulièrement évoquée au cours de l’instruction. Les fouilles sur le site de Mailhoc pourraient encore révéler d’autres éléments, comme des objets ou des vêtements appartenant à la défunte.

L’affaire Jubillar, qui a connu de nombreux rebondissements depuis la disparition, entre donc dans une phase judiciaire plus classique, avec la perspective d’un procès aux assises. La défense de Cédric Jubillar n’a pas encore communiqué sur les aveux et sur cette identification, qui pourrait influer sur la stratégie de son procès à venir.