Les analyses menées à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Pontoise ont formellement établi que les ossements exhumés près de Cagnac-les-Mines, dans le Tarn, sont ceux de Delphine Jubillar, disparue depuis décembre 2020. Le parquet général de la cour d'appel de Toulouse a confirmé cette identification, mettant fin à plus de cinq ans d'incertitude pour la famille de la victime.
Ces restes humains ont été mis au jour le 16 juillet sur le site indiqué par Cédric Jubillar lui-même, lors d'un interrogatoire mené la veille par la présidente de la cour d'assises de la Haute-Garonne. Au cours de cette audition, le peintre-plaquiste de 38 ans a reconnu «être à l'origine de la mort de Delphine Aussaguel» et a accepté de conduire les enquêteurs jusqu'à l'endroit où il avait déposé le corps, selon le procureur général Nicolas Jacquet.
Un dispositif de recherche massif Dès le 16 juillet au matin, plus d'une centaine de militaires de la gendarmerie ont été déployés autour du village de Cagnac-les-Mines. Parmi eux figuraient un escadron de gendarmerie mobile, la section de recherches de Toulouse, des techniciens en investigation criminelle, cinq équipes cynophiles spécialisées dans la détection de restes humains ainsi qu'une unité de lutte anti-drones. L'IRCGN a également été mobilisé sur place. C'est au cours de ces opérations que plusieurs fragments osseux ont été découverts à une quinzaine de kilomètres de la commune, dans une zone boisée et difficile d'accès.
Un processus d'analyse long et minutieux Les ossements ont été prélevés et immédiatement transportés par hélicoptère jusqu'au laboratoire de l'IRCGN, à Pontoise. Les experts y procèdent à une série d'examens pour déterminer non seulement l'identité de la victime – désormais confirmée – mais aussi les causes précises du décès. Le Dr Bernard Marc, médecin légiste, a détaillé les étapes de ce travail : «Il va falloir essayer de déterminer si sur les os ou les fragments trouvés, il reste du cartilage ou des éléments de ce type, ainsi que la nature du décès.» Les investigations portent notamment sur la recherche de lésions osseuses pouvant résulter de coups portés par un objet contendant, ou de signes d'asphyxie – comme une coloration rosée de la base des dents ou une fracture de l'os hyoïde. L'ensemble de ces analyses, qui exigent un travail d'archéologie judiciaire et d'imagerie comparative, pourrait prendre plusieurs semaines, selon plusieurs spécialistes.
Les prochaines étapes judiciaires Avec l'identification formelle des ossements, l'enquête pénale entre dans une phase décisive. Une reconstitution des faits pourrait être organisée dans les semaines à venir, sous la supervision du juge d'instruction désigné par la présidente de la cour d'assises. Cédric Jubillar, qui a déjà été présenté sur les lieux des fouilles accompagné de ses avocats, Mes Pierre et Guy Debuisson, devrait être à nouveau entendu pour préciser les circonstances du drame. Sa défense a d'ailleurs exprimé son regret que les recherches aient été stoppées après la découverte des premiers ossements, estimant qu'«il était plus intéressant de tenter de retrouver d'autres parties du corps» afin de disposer d'un maximum d'éléments sur les causes de la mort.
Un dossier qui a rebondi après des années de silence Delphine Jubillar, infirmière de 33 ans et mère de deux enfants, avait disparu de son domicile de Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Son mari, longtemps considéré comme le principal suspect, avait toujours nié toute implication jusqu'à ses aveux du 15 juillet 2026. Ces déclarations, intervenues après plusieurs jours de conférence de presse de ses avocats annonçant un changement de stratégie, ont provoqué un basculement majeur dans l'affaire. Les investigations se poursuivent désormais sous l'autorité du parquet général de Toulouse pour établir l'ensemble des circonstances de ce féminicide.