La justice a accepté la demande de Willy Bardon, condamné en 2019 pour le viol et le meurtre d'Élodie Kulik, et ordonné de nouvelles investigations dans cette affaire qui remonte à 2002. Des expertises complémentaires vont être menées, selon des informations concordantes.

Une demande de réexamen accordée

Willy Bardon, aujourd'hui âgé de 51 ans, avait été reconnu coupable du viol et du meurtre d'Élodie Kulik, une jeune femme de 24 ans dont le corps avait été retrouvé dans la Somme en janvier 2002. Il purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité. La décision de la justice de rouvrir des investigations fait suite à une requête déposée par sa défense, qui contestait certains éléments de l'enquête initiale.

Les nouvelles mesures ordonnées prévoient la réalisation de plusieurs expertises, dont la nature précise n'a pas été détaillée. Cette étape constitue un rebondissement dans un dossier judiciaire déjà marqué par de nombreux rebondissements et une instruction complexe.

Un dossier qui a défrayé la chronique

L'affaire Élodie Kulik, du nom de cette jeune employée de banque disparue le 10 janvier 2002 après avoir quitté son travail à Péronne (Somme), avait profondément ému l'opinion publique. Son corps avait été découvert deux jours plus tard, et l'autopsie avait révélé qu'elle avait été victime de violences sexuelles avant d'être tuée par asphyxie.

Pendant des années, l'enquête est restée au point mort, avant que des progrès dans les analyses ADN ne permettent d'identifier Willy Bardon en 2018. Jugé et condamné l'année suivante, il a toujours nié les faits. Ses avocats ont multiplié les recours, estimant que les preuves retenues contre lui n'étaient pas suffisamment solides.

Des expertises pour faire la lumière

La décision d'ordonner de nouvelles investigations a été prise par la juridiction compétente, qui a jugé recevable la demande de Willy Bardon. Les expertises à venir devraient porter sur des éléments matériels déjà collectés, dans le but de vérifier leur fiabilité et d'écarter toute éventuelle erreur judiciaire.

Cette décision intervient alors que le condamné n'a jamais cessé de clamer son innocence. Ses soutiens estiment que des zones d'ombre subsistent dans le dossier. La justice entend donc explorer ces pistes pour conforter ou infirmer les conclusions du procès.

Un long chemin judiciaire

Le parcours judiciaire de Willy Bardon a été jalonné de multiples contestations. Après sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité en 2019, il avait fait appel, mais cette voie lui avait été fermée. Il s'est alors tourné vers d'autres recours, dont celui qui aboutit aujourd'hui à la réouverture partielle de l'enquête.

La famille d'Élodie Kulik, qui a toujours réclamé que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame, a été informée de cette évolution. Elle s'en remet à la justice tout en redoutant que ce nouveau rebondissement ne rouvre des plaies douloureuses.

Les investigations supplémentaires pourraient prendre plusieurs mois. Le parquet compétent a déjà désigné des experts chargés de conduire les examens techniques. Aucun calendrier précis n'a été communiqué.

Cette affaire, qui a marqué les esprits en raison de sa violence et des errements de l'enquête initiale, continue ainsi de faire couler de l'encre, vingt-quatre ans après les faits.