Un mouvement de protestation d’ampleur secoue depuis plusieurs jours le centre de rétention Delaney Hall à Newark, dans le New Jersey. Plus de trois cents détenus y ont entamé une grève de la faim et une grève du travail, une action qui s’accompagne de rassemblements quotidiens devant l’enceinte du centre. Les rassemblements ont dégénéré en affrontements avec les agents fédéraux, marqués par l’usage de gaz chimiques et d’arrestations.

Tensions croissantes après un incident avec un élu

Les heurts se sont intensifiés mardi soir, au cinquième jour de la grève, lorsqu’un groupe d’agents des services d’immigration et des douanes (ICE) a dispersé des manifestants à l’aide d’un agent chimique, puis procédé à des interpellations. La veille, le sénateur américain Andy Kim avait été aspergé de gaz lacrymogène par des agents en tenue tactique alors qu’il se trouvait sur place, un geste qui avait déjà fait monter la tension d’un cran.

« Nous ne sommes pas des criminels », ont scandé les protestataires, dénonçant les conditions de détention et le traitement réservé aux migrants. Des manifestants interrogés sur place ont affirmé leur détermination : « Nous ne nous arrêterons pas tant qu’ils ne seront pas libres », a déclaré l’un d’eux.

Un bras de fer qui dure

La grève, qui en est à son sixième jour consécutif mercredi, a été lancée par les détenus eux-mêmes pour protester contre leurs conditions de vie et le fonctionnement du centre. Les images diffusées depuis le site montrent des agents en tenue anti-émeute maîtrisant un manifestant au sol, tandis que d’autres protestataires reculent après avoir été aspergés de produit chimique.

Les autorités fédérales n’ont pas encore communiqué de bilan officiel des arrestations ou des blessés. Du côté des organisateurs de la mobilisation, on dénonce une réponse disproportionnée de la part des forces de l’ordre et on appelle à la libération des grévistes.

Contexte national tendu

Cet épisode survient dans un climat politique déjà très chargé autour des politiques d’immigration aux États-Unis. Le centre Delaney Hall, qui relève de l’ICE, est régulièrement pointé du doigt par les associations de défense des droits des migrants pour ses conditions de rétention. La grève de la faim constitue l’une des actions les plus radicales menées par des détenus ces derniers mois.

Les prochains jours diront si le mouvement s’étend à d’autres établissements ou si des négociations s’engagent entre les grévistes et l’administration. En attendant, les rassemblements devant Delaney Hall se poursuivent.